Algérie : l’euro décroche sur le marché noir, le taux officiel grimpe
L’euro recule au Square Port-Saïd tandis que le taux officiel progresse en Algérie © Unsplash - Algérie Zoom
Un léger décalage s’installe. Discret, mais bien réel. En ce début de semaine, les cotations de l’euro en Algérie évoluent dans deux sens opposés selon le circuit observé : repli du côté informel, progression dans les chiffres officiels.
Au Square, un recul mesuré face au dinar algérien après l’Aïd
Au cœur d’Alger, du côté du Square Port-Saïd, les cambistes ajustent leurs prix. Ce lundi 23 mars, le billet de 100 euros s’échange autour de 27 750 dinars, soit 277,50 dinars l’unité à la vente.
Rien de spectaculaire. Mais la tendance est là. Soixante-douze heures plus tôt, la même devise circulait à un niveau légèrement supérieur. L’écart reste limité — une baisse de 0,50 dinar — mais il confirme un mouvement amorcé après l’Aïd el-Fitr.
Sur place, le rythme a ralenti ces derniers jours. Moins de transactions visibles, des discussions plus courtes. La demande semble s’être tassée, en particulier durant la fin du mois de ramadan et la période des fêtes. Ce n’est pas inédit. À ces moments-là, les flux changent, les priorités aussi.
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Et puis il y a ce souvenir encore proche : un euro frôlant les 300 dinars en novembre. Depuis, la devise a décroché, revenant sous le seuil des 280 dinars. Un palier qui, pour l’instant, tient.
Marché officiel : progression contenue mais nette
À l’opposé, les chiffres publiés par la Banque d’Algérie dessinent une autre courbe.
Ce 23 mars, l’euro s’affiche à 152,77 dinars à l’achat et 152,82 dinars à la vente.
Là encore, l’évolution reste modérée. Pourtant, elle marque une hausse tangible en quelques jours. En fin de semaine dernière, les cotations étaient plus basses. L’écart dépasse désormais le dinar.
Un mouvement lent, presque imperceptible au quotidien, mais qui traduit une orientation différente de celle observée sur le terrain informel.
Cours de l’euro en Algérie : deux dynamiques qui coexistent
Difficile de ne pas y voir un contraste durable. D’un côté, un marché parallèle sensible aux variations immédiates de la demande. De l’autre, un cadre officiel où les ajustements suivent un tempo plus régulier.
Entre les deux, l’écart reste important. Il ne bouge pas au même rythme, et parfois pas dans le même sens.
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Pour les observateurs, cette divergence n’a rien d’exceptionnel. Elle s’inscrit dans une mécanique bien connue, faite d’équilibres fragiles et de signaux discrets. Mais sur quelques jours seulement, la photographie devient parlante : l’euro recule d’un côté, avance de l’autre.
Et pour l’instant, personne ne tranche vraiment sur la suite.
