Aït Nouri hué à Leeds à la rupture du jeûne, Guardiola s’insurge
Hués à Leeds lors de la rupture du jeûne, Aït Nouri défendu par Guardiola - Algérie Zoom
Le match n’a pas duré que 90 minutes. Samedi, à Elland Road, une scène brève — à peine deux minutes — a suffi pour déplacer le débat bien au-delà du terrain. Lorsque Rayan Aït Nouri et deux de ses coéquipiers ont profité d’une pause autorisée pour rompre leur jeûne du ramadan, une partie des tribunes de Leeds United a hué. Un bruit sec, immédiatement perceptible. Et aussitôt commenté.
Sur le banc de Manchester City, la réaction n’a pas tardé. Pep Guardiola n’a pas cherché à minimiser. L’entraîneur catalan, fidèle à son franc-parler, a dénoncé un manque de compréhension, rappelant que le football moderne s’accommode — et doit s’accommoder — des pratiques religieuses de ses joueurs. Une sortie nette, sans effet de manche. Presque lasse, aussi.
Une pause réglementaire, un malaise persistant
La scène est pourtant devenue familière en Premier League. Depuis 2021, un protocole permet aux joueurs observant le ramadan de s’hydrater et de s’alimenter brièvement au coucher du soleil, lors d’un arrêt de jeu. Rien d’improvisé. Rien d’exceptionnel non plus.
À Elland Road, le message est passé par l’écran géant. Le trio concerné — Rayan Aït Nouri, Rayan Cherki et Omar Marmoush — s’est regroupé près de la touche. Quelques gorgées, un geste rapide. Puis les huées. Pas de débordement, mais un signal audible. Difficile de ne pas y voir un malaise encore présent, malgré les habitudes prises ces dernières saisons.
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Guardiola, en conférence de presse, a insisté sur un point simple : le respect. Respect des règles, d’abord. Respect des croyances, ensuite. « C’est le monde moderne », a-t-il résumé, évoquant la diversité comme une donnée de base, pas comme un sujet à débat. Autour de lui, ses joueurs savent à quoi s’en tenir. Ils s’adaptent. Le staff aussi, avec un suivi nutritionnel précis pour éviter tout déséquilibre.
Leeds United – Man City : Aït Nouri répond par le jeu
Mais réduire la soirée d’Aït Nouri à cet épisode serait incomplet. Car sportivement, le latéral algérien a livré un match plein. Très plein, même. Aligné sur son côté gauche, il a multiplié les courses, provoqué, centré. Par moments, on sentait Leeds reculer, sans trop savoir comment le contenir.
La semaine précédente, l’éclairage médiatique s’était déplacé ailleurs. D’autres avaient brillé. Cette fois, Aït Nouri a repris la main à Leeds, imposant son rythme, son volume. Et c’est lui qui, juste avant la pause, fait basculer la rencontre. Lancé dans le couloir, il plonge, lève la tête, ajuste un centre précis. Antoine Semenyo conclut (45e+2’). Un but qui suffira.
En clair, Manchester City a gagné sans forcer le trait. Une quatrième victoire de suite, qui rapproche un peu plus les hommes de Guardiola du sommet. Deux points seulement les séparent désormais d’Arsenal, leader mais moins régulier ces derniers temps, notamment face à Brentford et Wolverhampton.
Réactions et rappel à l’ordre
Dans la foulée, l’organisation Kick It Out a qualifié les huées de « décevantes », soulignant l’importance symbolique de ces pauses durant le Ramadan pour les joueurs musulmans et les communautés qu’ils représentent. Un rappel, là encore. Sans surenchère.
Côté Leeds, la soirée a été compliquée jusqu’au bout. Expulsé, Daniel Farke n’a pas pu s’exprimer. Son adjoint, Edmund Riemer, a reconnu le problème, admettant que le club devait faire mieux. Un constat posé calmement, sans chercher d’excuses.
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Sur place, dans les travées du stade, certains supporters relativisaient déjà. D’autres non. Le football anglais avance, mais pas toujours au même rythme partout. Le terrain, lui, a tranché. Et Aït Nouri est reparti de Leeds avec les trois points. Le reste, sans doute, demandera encore un peu de temps.
