Autoroute Est-Ouest : l’Algérie relancera 2 tronçons stratégiques
Deux pénétrantes portuaires en attente de relance sur l’axe stratégique de l’autoroute Est-Ouest - Algérie Zoom
En Algérie, deux projets de tronçons reliant deux ports à l’autoroute Est-Ouest sont remis sur la table.
L’autoroute Est-Ouest, colonne vertébrale du réseau routier algérien, revient au centre des débats avec la relance prochaine de deux tronçons importants. Après des années de blocage, le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base veut remettre en marche les projets reliant les ports de Ténès et de Skikda à l’autoroute. Objectif affiché : fluidifier le transport des marchandises, réduire la pression sur les villes côtières et redonner souffle à des chantiers longtemps laissés en suspens.
Ténès : un projet de 54 km
Le port de Ténès attend depuis longtemps sa connexion directe à l’autoroute Est-Ouest. Le projet, long de 54 km, se divise en deux tronçons : le premier relie Bouzghaïa à Oued Sly (22 km), le second relie le port à Bouzghaïa (32 km). Les travaux avaient atteint 52 % d’avancement avant de s’arrêter net. Le contrat avec le groupement algéro-portugais a été résilié en février 2025, en raison de manquements contractuels et de difficultés financières.
Aujourd’hui, l’Algérienne des Autoroutes reprend alors la main. Le cahier des charges a été étudié, les réserves sont en cours de levée et un nouvel appel d’offres doit être lancé. L’engagement d’une première portion de 10 km vers Ouled Fares interviendra dès le choix des entreprises. Le reste du tronçon devra attendre une réévaluation budgétaire.
Skikda : un tronçon vital pour le port
À Skikda, le scénario est similaire. La pénétrante de 31 km censée relier le port à l’autoroute Est-Ouest est à l’arrêt depuis 2020, avec seulement 39 % de travaux réalisés. Le contrat avec le même groupement algéro-portugais a fait l’objet d’une résiliation en février 2025.
Le ministre Abdelkader Djellaoui a affirmé, lors d’une séance plénière tenue ce 25 décembre au Sénat, que les procédures administratives sont en cours pour lever les réserves et relancer le chantier. L’Algérienne des Autoroutes, maître d’ouvrage délégué, attend quant à elle la validation de la commission sectorielle des marchés publics avant de lancer un nouvel appel d’offres. Ce tronçon s’avère stratégique pour désengorger la ville, en plus de faciliter le transport des hydrocarbures et des marchandises vers l’intérieur du pays.
Des projets structurants pour 2026
Le ministre reconnaît que ces chantiers ont souffert d’un « mauvais démarrage », notamment dans le choix des entreprises. Mais il promet que 2026 sera l’année de la relance. Outre Ténès et Skikda, d’autres projets suspendus devraient reprendre, avec un impact direct sur le développement régional. Parmi les annonces, la ligne ferroviaire Laghouat – Ménéa, financée par la Banque africaine de développement, incarne cette volonté de diversifier les infrastructures.
Un enjeu national
Ces tronçons ne sont en fait pas de simples routes. Elles incarnent une stratégie nationale : connecter les ports au grand axe Est-Ouest, réduire les embouteillages dans les villes côtières et accélérer la circulation des biens. Pour les habitants, cela signifie moins de congestion et plus de fluidité. Pour l’économie, c’est une promesse de compétitivité accrue.
La relance de Ténès et Skikda marque donc un tournant attendu. Les chantiers ne sont pas encore sortis de l’ornière, mais les signaux sont clairs : l’État veut en finir avec les projets éternellement suspendus. Et sur l’autoroute Est-Ouest en Algérie, deux tronçons majeurs pourraient bientôt changer la donne.
