Algérie : amendes du nouveau Code de la route revues à la baisse
Le projet de réforme prévoit une baisse ciblée des amendes, sans renoncer à la tolérance zéro pour les infractions graves.
Le projet de nouveau Code de la route en Algérie, actuellement en discussion au Parlement, continue de susciter des débats. Conçu pour durcir la répression des infractions routières, il se voulait au départ d’une sévérité exemplaire. Mais la commission des transports et des télécommunications de l’Assemblée populaire nationale (APN) a introduit des amendements qui changent légèrement la donne : certaines amendes pourraient être revues à la baisse.
Dans sa mouture initiale, le projet classait les infractions au Code de la route en Algérie en quatre catégories, avec des amendes allant de 4.000 à 13.000 dinars. Les crimes routiers, eux, pouvaient entraîner jusqu’à 20 ans de prison ferme et 2 millions de dinars d’amende. Le principe affiché était celui de la tolérance zéro : téléphone au volant, dépassement de la ligne continue, excès de vitesse en période probatoire, blocage de la circulation lors des cortèges… autant de comportements ciblés par des sanctions lourdes.
La commission parlementaire des Transports n’a pas remis en cause cette philosophie. Le texte reste globalement ferme. Mais elle a jugé nécessaire d’ajuster certains montants, estimés trop élevés pour des infractions de moindre gravité.
Des réductions ciblées
Selon les amendements proposés au nouveau Code de la route en Algérie, les amendes de quatrième catégorie devraient passer de 13.000 à 12.000 dinars. Celles de troisième catégorie, fixées à 9.000 dinars, seraient réduites à 8.000. Pour les infractions de deuxième degré, comme le stationnement interdit ou le jet de déchets depuis un véhicule, une baisse de 1.000 dinars est prévue : de 6.000 à 5.000.
Au final, les infractions les plus légères — absence de papiers du véhicule, ceinture non attachée par un passager — ne seraient plus sanctionnées à 4.000 dinars mais à 3.000. Une baisse modeste, mais qui change la perception pour les conducteurs concernés.
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Ces baisses ne sont pas un simple détail. Elles montrent que le Parlement veut garder la fermeté du texte. Mais sans punir trop lourdement des gestes considérés comme mineurs. En pratique, c’est une manière de rappeler la règle tout en tenant compte du quotidien des conducteurs.
Tolérance zéro maintenue
Il faut le souligner : la réduction des amendes dans le nouveau Code de la route ne signifie pas un assouplissement général. Le projet conserve son ossature sévère. Les comportements dangereux restent ciblés avec fermeté. L’utilisation du téléphone portable en conduisant, le non-port du casque pour les motards, le dépassement de la vitesse autorisée de 20 à 30 % ou encore l’arrêt sur une voie ferrée demeurent des infractions lourdement sanctionnées.
Nouveau Code de la route en Algérie : vers une adoption prochaine
Le rapport préliminaire de la commission, qui avait récemment auditionné des experts pour enrichir le texte, marque une étape dans le processus d’adoption du nouveau Code de la route. Le texte final aura sa validation à l’APN avant son entrée en vigueur.
Pour les automobilistes, la situation reste claire : il faudra composer avec un cadre plus strict, mais certaines amendes seront moins lourdes qu’annoncé au départ. Une rigueur qui reste, avec un peu plus de marge sur le plan financier.
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L’Algérie avance vers un Code de la route durci, mais ajusté. Les sanctions gardent leur rôle dissuasif. Et ces corrections traduisent une volonté de concilier discipline et réalité économique. Il ne s’agit pas d’imposer une sévérité uniforme.
