Coupe CAF : la Protection civile saisit la FAF et la LFP contre CRB

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Protection civile CRB

Plainte de la Protection civile contre des joueurs du CR Belouizdad après incident en Coupe de la CAF © CRB (Facebook officiel) - Algérie Zoom

La scène s’est jouée un dimanche soir, dans un stade sous tension. Un match continental, du public, des enjeux. Et au bout, un incident qui dépasse le simple cadre sportif. La Protection civile de la wilaya d’Alger a officiellement porté plainte contre plusieurs joueurs du CR Belouizdad (CRB), après des altercations survenues lors de la rencontre face au club congolais d’Otohô, comptant pour la phase de groupes de la Coupe de la Confédération africaine.

Protection civile : plainte contre CRB transmise aux instances du football

D’après des informations obtenues par le quotidien El Khabar et parues ce 20 février 2026, la démarche de la Protection civile n’a pas été improvisée. La plainte a d’abord été déposée au niveau central, auprès de la Direction générale, avant d’être transmise à la Fédération algérienne de football (FAF) puis à la Ligue de football professionnel (LFP). Objectif affiché : signaler officiellement des comportements jugés déplacés et laisser les instances compétentes apprécier les suites à donner.

Les faits remontent à la seconde période du match. Des joueurs congolais restent au sol, les pompiers interviennent – ou tardent à intervenir, selon le point de vue. La tension monte. Des paroles fusent. Les agents de la Protection civile affirment avoir essuyé des violences verbales, reprochant à certains joueurs du CRB de contester leur manière d’agir.

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Sur place, les secouristes rappellent une règle simple, mais souvent ignorée du grand public : ils ne peuvent entrer sur le terrain qu’après autorisation de l’arbitre, conformément aux règlements de la Confédération africaine de football (CAF). Pas avant. Même sous la pression.

Les joueurs se défendent, les versions divergent

Côté CR Belouizdad, la réaction ne s’est pas fait attendre. Le défenseur Chouaib Keddad a reconnu avoir protesté, estimant que les délais d’intervention avaient cassé le rythme du match. Un agacement, dit-il, lié au jeu. Pas à une volonté d’en découdre avec les agents.

Le capitaine Hichem Belkheït est allé plus loin. Il a évoqué, sans détour, un sentiment d’injustice. Deux poids, deux mesures, selon lui. Une intervention qui aurait été plus rapide si la situation avait concerné une autre équipe.

Des propos qui ont fait grincer des dents. Difficile de ne pas y voir un malentendu qui s’est transformé en bras de fer symbolique. Keddad a d’ailleurs tenté d’apaiser les choses par la suite, présentant ses excuses. Trop tard. La plainte, elle, était déjà partie.

Un autre élément intrigue toutefois. Les éléments de la Protection civile concernés n’auraient pas répondu aux sollicitations du commissaire du match dépêché par la CAF après la rencontre pour comprendre les contours de l’altercation avec les joueurs d. Un silence qui pourrait peser lourd. Faute d’échanges formels sur place, la portée disciplinaire du dossier pourrait être limitée.

Une institution respectée, souvent en première ligne

L’affaire prend une résonance particulière dans un contexte bien précis. Car la Protection civile algérienne n’est pas un service ordinaire. Loin de là.

Une étude internationale récente venue de Harvard l’a classée au 10ᵉ rang mondial parmi les meilleurs corps de défense civile, la plaçant comme le seul organisme africain dans le top 30 mondial. Une reconnaissance qui s’appuie sur des critères concrets : nombre d’interventions, couverture territoriale, effectifs, capacité de réaction, expérience des crises majeures.

Derrière ce classement, une stratégie assumée. Exercices réguliers, simulations de catastrophes, formations spécialisées. Feux de forêt, inondations, séismes, accidents industriels… Sur le terrain, les agents sont souvent les premiers arrivés, et les derniers à repartir.

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L’affaire CRB–Otohô n’a peut-être pas fini de livrer ses conséquences. Sanctions ou non, rappel à l’ordre ou simple épisode de tension, une chose est sûre : elle rappelle que le football, aussi passionné soit-il, ne se joue jamais hors cadre. Et que sur le rectangle vert comme ailleurs, chacun a sa place. Et ses règles.

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