Algérie : lancement d’un projet géant de fabrication de pneus
L'Algérie concrétise son ambition industrielle avec le lancement d'un projet géant de fabrication de pneus © Pexels - Algérie Zoom
Une nouvelle usine de fabrication de pneus prend forme en Algérie. L’État mise sur un projet lourd, structurant, pensé pour réduire les importations et créer de l’emploi local. La fabrication de pneus devient un enjeu stratégique assumé.
Lundi, à Touggourt, dans le Sud du pays, le décor était planté. Casques, plans, responsables locaux. Omar Rekache, directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), a posé la première pierre d’une nouvelle usine de fabrication de pneus en Algérie.
Le projet affiche un coût supérieur à 27 milliards de dinars. L’usine s’implantera à Temacine, sur un terrain de 20 hectares mis à disposition dans le cadre du foncier économique. Sur place, plusieurs acteurs évoquent déjà un chantier « structurant », capable de changer le rythme local.
Une capacité de production pensée pour le marché national
Selon un communiqué de l’AAPI, l’unité industrielle vise une production annuelle de 5 millions de pneus, répartis entre véhicules lourds et légers. Dans une première phase, 2 millions d’unités sortiront chaque année pour les camions et les engins lourds. Suivront 3 millions de pneus destinés aux voitures particulières.
En clair, l’objectif reste simple : couvrir une large part des besoins nationaux. Aujourd’hui, le marché dépend encore fortement des importations, avec des coûts élevés et une exposition aux fluctuations extérieures.
Ce projet de Touggourt ne travaille pas seul. Il vient compléter d’autres unités de fabrication de pneus en Algérie déjà lancées ou en cours à Oran, Sétif et Oum El Bouaghi. À terme, la production nationale totale devrait atteindre près de 19 millions de pneus par an. Un seuil inédit.
Emploi local et dynamique régionale attendue
Au-delà des chiffres de production, l’impact humain pèse lourd. Cette nouvelle usine de fabrication de pneus prévoit la création de 1 720 emplois directs en Algérie. À cela s’ajoutent des centaines de postes indirects, liés au transport, à la maintenance, aux services et à la sous-traitance.
Difficile de ne pas y voir un signal fort envoyé aux investisseurs. Touggourt entre dans la carte industrielle nationale. Reste maintenant à voir la cadence du chantier et la mise en route réelle. Sur le terrain, c’est là que tout se jouera.
