Algérie : Belaribi dévoile les conditions de construction des immeubles de grande hauteur
Le ministre de l'Habitat précise les réglementations régissant les immeubles levés et très élevés © MHUV - Algérie Zoom
Le député à l’Assemblée populaire nationale (APN) Djeddou Rabah, du Mouvement El Bina, a reçu une réponse du ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Mohamed Tarek Belaribi, que nous reprenons dans notre édition du 28 mai 2026. La question portait sur la possibilité en Algérie de bâtir des immeubles de grande hauteur comme alternative au manque de terrains de construction et les lois qui s’y rattachent.
Dans sa réponse écrite, datée du 11 mai 2026 et partagée par le parlementaire cité plus haut sur sa page Facebook officielle, le ministre a d’abord expliqué que le pays ne dispose pas d’une étude nationale unique fixant les hauteurs maximales autorisées selon les régions. L’ensemble de textes techniques, réglementaires et urbanistiques adaptés aux caractéristiques de chaque site régit plutôt ces projets. C’est-à-dire que chaque projet, même au sein d’une même région, doit avoir sa propre étude.
Les immeubles de hauteur élevée possibles en Algérie même dans les zones sismiques
Mohamed Tarek Belaribi a indiqué que la réalisation de bâtiments de grande hauteur reste techniquement envisageable, y compris dans les régions exposées à une forte activité sismique. Cette possibilité est toutefois soumise au respect strict des Règles Parasismiques Algériennes (RPA 2024), adoptées par arrêté ministériel en juin 2024.
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Selon le ministre, ces règles classent le territoire national en différentes zones sismiques et définissent les coefficients d’accélération à prendre en compte lors de la conception des ouvrages. La hauteur des immeubles dépend ainsi du positionnement du site sur la carte de l’activité sismique en Algérie. Les projets concernés doivent également s’appuyer sur des systèmes constructifs appropriés ainsi que sur des études dynamiques approfondies afin de garantir leur résistance face aux risques naturels, séismes, inondations et autres.
Vent, neige et nature du sol sous surveillance
Outre les contraintes liées aux séismes, les immeubles élevés sont soumis au Règlement Neige & Vent (RNV), version 2013. Ce texte fixe les paramètres techniques concernant les charges et les pressions exercées sur les structures en fonction de leur hauteur et de leur localisation géographique, notamment dans les régions côtières.
Le ministre a également insisté sur l’importance des études géotechniques. Celles-ci sont obligatoires pour tout projet de tour ou d’immeuble de grande hauteur. Elles permettent de déterminer la capacité portante du sol, le type de fondations à mettre en œuvre ainsi que les éventuels risques de glissement ou d’instabilité du terrain.
Par ailleurs, les bâtiments de grande hauteur doivent répondre à des exigences strictes en matière de sécurité et de prévention des incendies, conformément à la loi nᵒ 19-02. La réglementation impose notamment la mise en place de sorties de secours, d’escaliers sécurisés, de systèmes d’alarme, d’équipements de lutte contre le feu et de plans d’évacuation.
Les documents d’urbanisme déterminent les hauteurs autorisées
Belaribi a rappelé que les instruments d’aménagement et d’urbanisme demeurent la référence en matière de hauteur des immeubles en Algérie. Le Plan directeur d’aménagement et d’urbanisme (PDAU) et le Plan d’occupation des sols (POS) définissent notamment le nombre d’étages autorisés, les hauteurs maximales, la densité urbaine et les coefficients d’occupation des sols.
La législation en vigueur relative à l’aménagement et à l’urbanisme fixe ces dispositions.
Belaribi révèle la préparation d’un document technique spécifique
Dans son document adressé au député à l’APN, le ministre a aussi révélé que son département prépare actuellement un document technique consacré aux immeubles élevés et très élevés. Un groupe technique associant les ministères de l’Habitat, de l’Intérieur et de l’Énergie a élaboré ce projet.
Ce futur référentiel doit préciser davantage les exigences de conception, de sécurité et de fonctionnement applicables à ce type de constructions, en attendant la publication des textes réglementaires correspondants.
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Enfin, Mohamed Tarek Belaribi a souligné que l’extension verticale ne peut constituer une solution généralisée à la rareté du foncier. Chaque projet doit être examiné individuellement en tenant compte des contraintes techniques, urbanistiques, des réseaux disponibles, des infrastructures de base et des spécificités propres au site concerné.
