Algérie : caractéristiques des bus ultramodernes attendus en 2026
Les nouveaux bus appelés à circuler sur les routes en Algérie dès mars 2026 marquent une étape majeure pour le transport public. Plus sûrs, mieux équipés et partiellement fabriqués localement, ils s’inscrivent dans un vaste plan national de modernisation du parc automobile.
C’est Rachid Bekhechi, président de la Bourse de sous-traitance et de partenariat de l’Ouest, qui a levé le voile sur le projet dans un entretien accordé au quotidien Echorouk. Il y détaille les ambitions techniques et industrielles de cette nouvelle génération de bus de transport public qui arriveront bientôt en Algérie.
Des bus connectés pour plus de sécurité
Ces bus seront dotés de technologies inédites dans le transport collectif en Algérie : détection de somnolence du conducteur, caméras panoramiques offrant une vue à 360°, régulation électronique de la vitesse… Objectif : réduire les accidents et améliorer les conditions de conduite.
« Ces équipements visent à renforcer la sécurité, mais aussi à rendre le transport public plus fiable et plus moderne », a expliqué Bekhechi.
Vers une fabrication « made in Algérie »
Si les premières livraisons seront importées, le gouvernement prévoit une intégration industrielle progressive. Les futurs modèles de bus produits en Algérie devraient embarquer des composants locaux comme le verre, l’acier, les systèmes de freinage ou les pièces électriques.
« Nous avons lancé un processus graduel de fabrication locale, en impliquant des entreprises spécialisées, notamment dans le verre, l’acier, les pneus et l’électrique », a ajouté Bekhechi. Parmi elles, figure déjà AFRICAVER. La Bourse de sous-traitance accompagnera ces acteurs sur le plan technique et logistique.
Trois entreprises pilotes et 10 000 bus prévus
Trois fabricants encadreront la première phase du programme : EDIV (ex-SNVI), rattachée au ministère de la Défense nationale, Tirsam, et une autre entreprise basée à Chlef.
Ensemble, ils superviseront l’importation de 10 000 bus, dont 7 000 produits par EDIV.
Cette première flotte sera commercialisée au prix coûtant, une mesure exceptionnelle pour encourager le renouvellement du parc national, estimé à près de 84 000 véhicules. Les livraisons sont attendues avant fin février 2026.
Un projet industriel avant tout
Au-delà du simple renouvellement des bus, ce programme vise à poser les bases d’une véritable industrie nationale du transport.« Le but ultime est de créer un produit algérien compétitif, capable de se positionner sur les marchés africains », souligne Bekhchi.
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Des sessions de formation destinées aux sous-traitants sont d’ailleurs prévues pour renforcer leurs compétences et faciliter leur accès au financement.
Une vision durable pour le transport algérien
L’arrivée de ces bus « intelligents » en Algérie marque le début d’un tournant. Plus qu’un changement de flotte, il s’agit d’une stratégie industrielle à long terme, mêlant innovation, formation et souveraineté économique.Un signal fort, à la fois pour les usagers — qui bénéficieront d’un transport plus sûr — et pour l’économie nationale, appelée à bâtir une filière du véhicule moderne, solide et exportable.
Trois licences attribuées pour encadrer les importations
Pour rappel, trois licences officielles pour l’importation de bus ont été attribuées jeudi dernier à Tirsam, Peng Pu Algérie et à la SNVI, entreprise publique relevant du ministère de la Défense nationale. L’annonce a été faite en marge de la visite du Premier ministre à Chlef, accompagné des ministres de l’Intérieur, des Transports et de l’Industrie.
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Cette mesure s’inscrit dans la mise en œuvre des décisions présidentielles prises après l’accident tragique de l’oued d’El Harrach. Elle vise à accélérer le renouvellement du parc national — estimé à près de 84 000 bus — en remplaçant d’abord les véhicules de plus de trente ans. Selon les premières indications, les bus importés devraient porter les marques Asia Motors, Higer, Yutong, FT BCI et Zong Tong, majoritairement d’origine chinoise.
