Algérie : deux usines de pneus Inter Continental prévues en 2027
Annonce de deux usines de pneus en Algérie pour réduire les importations et renforcer l’industrie nationale - Algérie Zoom
La production de pneus s’apprête à franchir un palier en Algérie. En toile de fond, une volonté affichée de réduire la facture des importations industrielles, tout en structurant un secteur jugé stratégique. Lors de l’examen du projet de règlement budgétaire pour l’année 2023, le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a livré plusieurs chiffres et annonces qui dessinent une trajectoire plus lisible. Le document évoque ainsi l’ouverture de deux usines de pneus en Algérie sous la marque Inter Continental à Oran et Touggourt à l’horizon 2027, rapporte le journal Echorouk dans son édition du 27 février 2026.
Deux sites industriels annoncés, Oran et Touggourt ciblées
Les deux futures unités de production seront implantées à Oran et Touggourt, deux zones connues pour leur potentiel logistique et industriel. Le calendrier, lui, est posé : mise en service prévue en 2027, sans précipitation affichée. L’objectif de ces deux usines de la marque Inter Continental à implanter en Algérie est clair : produire localement des pneus jusqu’ici largement importés, dans un contexte où la facture annuelle des pièces de rechange industrielles est estimée à environ 800 millions de dollars.
Dans l’intervalle, l’État a mis en place un dispositif transitoire. La société Naftal bénéficie ainsi d’une exclusivité temporaire de trois mois pour l’importation de pneus, le temps de sécuriser l’approvisionnement du marché. En parallèle, cinq opérateurs ont déjà obtenu des autorisations pour lancer une production locale. Une phase de rodage, en somme.
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Autre signal concret : la première roue pour poids lourds de la marque Iris doit entrer en production à partir du 1er avril. Un détail, peut-être. Mais sur le terrain industriel, ce sont souvent ces premiers pas qui comptent.
Importations sous contrôle et micro-importation encadrée
Difficile de dissocier ces projets industriels du cadre plus large de la régulation du commerce extérieur. Devant la Commission des finances et du budget, le ministre a rappelé l’enregistrement de 7081 demandes d’importation dans le cadre de la micro-importation, communément appelée commerce du cabas. Un chiffre précis, transmis aux députés.
Le dispositif reste strict : plafond de 1,8 million de dinars par déplacement, avec deux déplacements maximum par mois. L’idée n’est pas d’ouvrir sans contrôle, mais d’encadrer. Et de mieux tracer.
Sur le plan budgétaire, la commission parlementaire a d’ailleurs formulé plusieurs recommandations générales : rationalisation des dépenses publiques, renforcement de la collecte des recettes et respect intégral de la loi organique n°18-15, notamment pour améliorer les indicateurs de performance et traiter les déséquilibres hérités des exercices précédents. Rien de tapageur, mais une ligne directrice assumée.
Exportations en hausse et cap africain assumé
Le même rapport préliminaire, consulté par la même source, met en lumière un autre volet : les exportations. Leur volume est passé de 2 à 5 milliards de dollars, selon les chiffres avancés par le ministère. Une progression attribuée à une stratégie de diversification des marchés et à un effort de présence à l’international.
Dans ce cadre, l’ouverture de la zone franche de Tindouf est annoncée pour 2026, avec une orientation claire vers l’Afrique subsaharienne. Certains projets structurants sont déjà cités comme leviers, à l’image de Gara Djebilet ou de Bled El Hadba, tous deux ayant bénéficié de licences exceptionnelles.
Le ministère a également participé à 23 manifestations commerciales en Afrique, en Europe et en Asie. D’autres rendez-vous viendront, notamment à Moscou, en Arabie saoudite et en Indonésie. Une diplomatie économique discrète, mais active.
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En clair, les deux usines de pneus Inter Continental attendues pour 2027 en Algérie ne tombent pas du ciel. Elles s’inscrivent dans un ensemble plus large, fait d’arbitrages, de cadres réglementaires resserrés et de paris industriels mesurés.
