Algérie : première dépollution des sites d’essais nucléaires français

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Algérie sites nucléaires français

L'Algérie engage la dépollution des anciens essais nucléaires, un chantier inédit entre mémoire et santé publique - Algérie Zoom

Soixante-six ans après les explosions nucléaires françaises dans le Sahara, le pays engage un chantier inédit. Technique, mais lourd de symboles. Une première opération de dépollution partielle des sites d’essais nucléaires français vient d’être lancée à In Ekker, dans la wilaya de Tamanrasset en Algérie. Sur le terrain, des équipes nationales s’attaquent à un héritage radioactif ancien, complexe, et toujours actif.

L’annonce intervient à la date anniversaire des essais. Le message est clair : il ne s’agit plus seulement de mémoire, mais d’action concrète.

In Ekker, un chantier pilote après des décennies d’attente

Selon un documentaire de la Direction de l’information et de la communication du ministère de la Défense nationale, intitulé Des Algériens au cœur des défis, cette première phase concerne le site précis de l’explosion souterraine « Béryl », à Taourirt Tan Afella – In Ekker. Un nom lourd, encore aujourd’hui, pour les habitants du Sud.

L’essai « Béryl » reste considéré comme l’un des plus dangereux jamais réalisés sur le sol algérien. Une explosion souterraine ratée, d’une puissance équivalente à 150 000 tonnes de TNT. La roche n’a pas tenu. Des fissures se sont ouvertes dans la montagne, laissant échapper des gaz radioactifs, un nuage contaminant, des coulées de lave. L’écosystème local a été anéanti. Et la zone demeure, des décennies plus tard, polluée par le césium-137 et le plutonium.

Après de longues années d’études et de coordination intersectorielle, les autorités ont validé une approche progressive. Sur place, un camp de dépollution partielle a été installé. Objectif : évaluer précisément le niveau de contamination, réduire les risques sanitaires immédiats et poser les bases d’une réhabilitation plus large.

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Les opérations de décontamination des sites nucléaires français en Algérie reposent exclusivement sur des compétences nationales. Main-d’œuvre qualifiée, experts algériens, équipements spécialisés. Les déchets radioactifs collectés sont conditionnés dans des conteneurs en béton, conçus pour le stockage sécurisé, conformément aux normes en vigueur.

Un défi de taille, d’autant plus complexe que les cartes et archives françaises des essais restent indisponibles. Chaque mètre carré doit être identifié, mesuré, traité avec prudence. Lentement, méthodiquement.

Sites nucléaires français en Algérie : l’emblématique Gerboise bleue

Le documentaire revient aussi sur le point de départ de cette séquence nucléaire : Reggane, le 13 février 1960, avec l’essai atmosphérique « Gerboise bleue », suivi de « Gerboise blanche », « Gerboise rouge » et « Gerboise verte ». Des explosions à ciel ouvert, parmi les plus contaminantes, stoppées ensuite sous pression internationale.

Pour l’historien Hassen Meghdouri, ces essais s’inscrivaient dans une logique coloniale globale : faire de l’Algérie un laboratoire militaire, social et politique, au service du retour de la France dans le club nucléaire mondial.

Les essais souterrains n’ont pas mis fin aux risques. Le physicien nucléaire Amar Mansouri rappelle que plusieurs d’entre eux furent marqués par des défaillances graves, malgré les discours officiels de l’époque. L’accident de « Béryl » en est l’exemple le plus frappant : un nuage radioactif incontrôlé, une contamination dépassant 40 hectares.

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Même constat pour le chercheur Hassan Hocine, qui insiste lui aussi sur les séquelles laissés au niveau des sites nucléaires français en Algérie et encore observables aujourd’hui, tant sur l’environnement que sur la santé humaine.

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