Algérie : une filiale française jugée pour espionnage

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Procès en Algérie : une filiale française devant la justice pour espionnage économique et transmission d’informations sensibles - Algérie Zoom

La justice en Algérie s’apprête à examiner, demain 9 février, un dossier d’espionnage, notamment économique. En cause : une affaire de fuite d’informations vers des parties étrangères, jugées susceptibles de porter atteinte à l’économie nationale et à la sécurité de l’État. Le dossier met en lumière les activités d’une filiale d’une société française, soupçonnée d’avoir opéré sous couvert de prestations civiles pour dissimuler un dispositif bien plus structuré. Retrouvez les faits dans notre édition du 8 février 2026.

Une audience très attendue à Dar El Beïda

Plusieurs responsables et employés de la société Amarante International Algérie, filiale de la maison mère française Amarante International (SAS), devront comparaître devant la Cour criminelle de première instance de Dar El Beïda. Les prévenus sont poursuivis pour des chefs d’accusation lourds : collecte et transmission d’informations à des parties étrangères susceptibles de nuire à l’économie nationale, exercice d’une activité commerciale hors du cadre du registre de commerce, activité sans autorisation et violation de décisions administratives.

Espionnage en Algérie : une enquête partie d’un simple signalement

Selon les informations rapportées par le média Echorouk, cette affaire d’espionnage jugée en Algérie a été déclenchée à la suite d’un rapport détaillé transmis à la brigade de lutte contre les crimes économiques et financiers. Les enquêteurs se sont penchés, à partir du 17 mars 2024, sur l’activité jugée suspecte de l’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Amarante International Algérie.

Premier constat : malgré une décision officielle de fermeture administrative, les responsables auraient poursuivi leurs activités depuis leur domicile. Les échanges avec la société mère française auraient continué, de manière régulière, en dehors de tout cadre légal. Un détail qui, déjà, a attiré l’attention des enquêteurs.

Des activités éloignées du registre de commerce

Les recherches menées via la base informatique nationale des opérateurs économiques ont permis de retracer l’historique de la société. Inscrite au Centre national du registre de commerce sous le numéro 09 B 1002796 depuis le 15 juin 2009, l’entreprise avait initialement l’autorisation d’exercer dans les domaines du bureau d’études, des études de marché, des sondages et du conseil en investissement.

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Mais sur place, la réalité semblait différente. Les enquêteurs ont établi la modification de ces activités à plusieurs reprises, de manière non conforme, jusqu’à devenir un canal de transmission d’informations sensibles. Progressivement, l’entreprise se serait transformée en véritable réservoir de rapports détaillés sur la situation sécuritaire et économique du pays.

Rapports sécuritaires et missions non autorisées

Les investigations ont révélé que des rapports transmis à l’étranger contenaient des informations sur des opérations policières menées dans plusieurs wilayas. Des données sans lien avec l’objet social déclaré de la société. Plus encore, les employés se seraient impliqués dans des missions relevant clairement du domaine sécuritaire : surveillance d’avions lors de leurs escales, contrôle de bagages cabine, sécurisation des accès, présence d’agents aux portes d’appareils français sur le tarmac, ou encore tri de bagages.

Des tâches qui, selon les témoignages recueillis, ne figuraient nulle part dans le registre de commerce. Difficile de ne pas y voir un glissement progressif vers des activités sensibles, exercées sans autorisation officielle.

Cartes de sécurité et communications non autorisées

Autre élément central de dossier d’espionnage : l’envoi de cartes de sécurité détaillant les niveaux de sûreté en Algérie, avec distinction entre zones dites à risque et zones considérées comme sûres. Ces documents auraient été transmis à diverses entreprises étrangères, avec, selon l’enquête, un impact potentiel sur l’attractivité économique et les décisions d’investissement.

Les services judiciaires ont également établi l’utilisation de dispositifs de communication non autorisés à l’intérieur même des aéroports Houari Boumediene et Ahmed Ben Bella d’Oran. Un point jugé particulièrement sensible, compte tenu des enjeux liés à la sécurité des infrastructures aéroportuaires et des passagers.

Des prestations pour plusieurs entreprises étrangères

Enfin, selon la même source, l’enquête mentionne des services rendus à plusieurs sociétés étrangères opérant en Algérie, parmi lesquelles Alstom à Mostaganem, l’entreprise espagnole Indra à Bab Ezzouar, la banque Neptune ou encore une société spécialisée dans l’exploration gazière. Autant d’indices qui, mis bout à bout, dessinent un schéma méthodique de collecte et de centralisation d’informations.

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