Alsat-3A : l’Algérie lance un nouveau satellite d’observation
Le satellite Alsat-3A, lancé avec succès depuis la Chine, renforce les capacités spatiales de l’Algérie en matière de surveillance et de cartographie © Unsplash - Algérie Zoom
L’Algérie vient d’ajouter une nouvelle pièce à son dispositif spatial, avec le lancement réussi du satellite Alsat-3A. Le pays franchit un cap dans la maîtrise de l’observation de la Terre et confirme une coopération technologique stratégique avec la Chine.
En effet, à 5h01 du matin, heure algérienne, le compte à rebours s’est achevé sans accroc. Depuis la base de Jiuquan, au Nord-ouest de la Chine, le satellite d’observation Alsat-3A a quitté le sol, sous la supervision du Général d’Armée Saïd Chengriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, connecté depuis la station terrestre d’observation en Algérie.
Le ministère de la Défense nationale (MDN) l’a confirmé dans un communiqué publié ce jeudi 15 janvier 2026. Sur place, écrans allumés, équipes mobilisées, l’instant comptait. Difficile de ne pas y voir plus qu’un simple tir orbital.
Avec Alsat-3A, l’Algérie renforce ainsi ses capacités de surveillance spatiale, un domaine devenu central à l’heure des risques climatiques, des enjeux sécuritaires et de l’aménagement du territoire.
Des données stratégiques, précises, exploitables
Conçu pour fournir des images de haute précision, Alsat-3A permettra donc d’accéder à des données supplémentaires à forte valeur ajoutée. Cartographie détaillée, modèles numériques d’altitude, observation continue du territoire… les usages s’annoncent ainsi multiples, concrets, immédiats.
Ces données viendront alimenter le système national de renseignement géospatial, un outil clé pour la planification, la prévention et la prise de décision. Sur le terrain, responsables et techniciens savent ce que cela change : plus de visibilité, moins d’angles morts.
Par ailleurs, le ministère de la Défense nationale (MDN) a rappelé que « notre pays a connu en 2002 le lancement de son premier satellite d’observation de la Terre, Alsat-1, suivi par Alsat-2A et Alsat-2B en 2010 et 2016 ».
« Le lancement du nouveau satellite, auquel ont contribué des experts algériens, constitue un acquis majeur venant s’ajouter aux capacités géospatiales déjà disponibles dans ce domaine, et confirme les efforts soutenus de l’État algérien pour maîtriser les technologies spatiales », a conclu le communiqué.
Alsat-3A – Algérie : une dynamique engagée bien avant le lancement
En outre, ce tir ne tombe pas du ciel. En décembre dernier, Algérie Télécoms Satellite (ATS) et l’ASAL ont signé à Alger deux mémorandums de coopération avec la société chinoise Geespace, filiale du groupe Zhejiang Geely Holding Group.
Objectif affiché : développer, fabriquer et déployer des solutions satellitaires depuis l’Algérie. Le premier accord prévoit même la création d’une usine de fabrication de satellites sur le sol national, posant les bases d’une véritable industrie spatiale locale. Le second mise sur un centre dédié aux applications satellitaires, pensé pour durer et innover.
Les autorités parlent d’un projet structuré, évolutif, avec une ambition régionale claire. À terme, l’Algérie souhaite donc se positionner comme un acteur spatial de référence en Afrique. Le lancement d’Alsat-3A en constitue, en clair, le premier jalon visible. Et sans doute pas le dernier.
