Baladna Algérie : les coulisses du plus grand pont aérien d’animaux vivants au monde
Le projet Baladna Algérie prépare un pont aérien historique pour renforcer la production nationale de lait © Pexels - Algérie Zoom
L’Algérie prépare une opération logistique rarement vue à cette échelle. Dans le cadre de la deuxième phase du projet Baladna Algérie, pas moins de 30 000 vaches laitières doivent être acheminées depuis les États-Unis vers le territoire national par voie aérienne, sur 109 vols répartis sur plusieurs mois.
L’objectif dépasse largement la simple importation de bétail. Il s’agit de poser les bases d’un vaste complexe agricole et industriel destiné à renforcer la production nationale de lait en poudre et à réduire la dépendance aux importations.
Derrière les chiffres, il y a surtout une mécanique lourde, précise, presque millimétrée.
Un transport aérien hors norme pour accélérer le projet
Le programme prévoit l’arrivée des premiers bovins à partir de novembre 2026, avec une opération étalée sur près de dix mois. Les animaux proviendront de neuf États américains, avec un choix centré sur la race Holstein-Frison, reconnue pour son rendement laitier.
Le recours au fret aérien n’a rien d’anodin. Il permet de limiter le temps de trajet, de mieux préserver l’état sanitaire des animaux et d’accélérer leur intégration dans les futures exploitations. À terme, le cheptel visé atteindra 270 000 vaches, un volume qui donne la mesure du projet.
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Dans les milieux agricoles, ce type de pont aérien reste exceptionnel. Ici, il prend une dimension mondiale par son ampleur, tant en nombre d’animaux qu’en coordination internationale.
Algérie : 635 millions de dollars pour lancer la deuxième phase du projet Baladna
Cette étape repose sur des contrats dépassant 635 millions de dollars, intégrés dans un investissement global estimé à 3,5 milliards de dollars.
Les accords couvrent plusieurs volets : travaux de génie civil, construction d’une usine de béton, services d’hébergement pour les équipes sur site, mais aussi toute la chaîne liée à l’importation du cheptel.
Le projet s’étend sur 117 000 hectares et se développe en partenariat avec le Fonds national d’investissement. Plusieurs entreprises internationales y participent : Hunland et Scarff Bros pour la fourniture des bovins, Valmont pour les systèmes d’irrigation, tandis que GCB Algérie et China Rail interviennent sur les aménagements.
Sur le terrain, cela signifie routes internes, infrastructures agricoles, réseaux hydrauliques et installations industrielles. En clair, bien plus qu’une ferme géante.
Réduire les importations de lait en poudre
L’ambition finale reste économique et stratégique. Le complexe doit produire près de 200 000 tonnes de lait en poudre par an, soit jusqu’à 50 % des besoins nationaux.
Aujourd’hui, l’Algérie importe environ 400 000 tonnes par an. Réduire cette facture représente un enjeu important pour la filière agroalimentaire, mais aussi pour la stabilité de l’approvisionnement.
Le projet devrait également générer plus de 15 000 emplois en Algérie et environ 1 200 aux États-Unis, tout en renforçant les échanges agricoles et industriels entre les deux pays.
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Les accords ont été signés en présence du ministre de l’Agriculture, Yacine El Mahdi Oualid, de représentants de Baladna, de l’ambassadeur du Qatar ainsi que de plusieurs partenaires algériens et internationaux.
