Double activité en Algérie : nouvelles règles pour professeurs et médecins

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Double activité Algérie

Le Premier ministre signe un décret exécutif qui autorise le cumul de fonctions mais sous conditions © Unsplash - Algérie Zoom

Le décret exécutif n° 26-202 signé le 16 mai 2026 par le Premier ministre Sifi Ghrieb autorise désormais certains cadres du secteur public en Algérie à mener une double activité, c’est-à-dire exercer une activité privée rémunérée, en parallèle de leur fonction principale. Les professeurs d’université, chercheurs et médecins spécialistes sont directement concernés.

Le texte sur le quel nous revenons ce 28 mai 2026 met toutefois en place un cadre très strict. L’objectif consiste à permettre à ces compétences de valoriser leur expertise sans fragiliser les établissements publics, notamment les hôpitaux et les universités.

Une double activité autorisée en Algérie… mais pas automatique

Le décret ne donne pas un feu vert général. Toute activité privée reste soumise à une autorisation officielle préalable.

En pratique, trois catégories peuvent déposer une demande :

  • les enseignants-chercheurs universitaires ;
  • les chercheurs permanents ;
  • les praticiens médicaux spécialistes de la santé publique.

Autre condition importante : les fonctionnaires concernés doivent justifier d’au moins cinq années d’ancienneté dans leur corps d’origine avant de pouvoir exercer une activité lucrative privée.

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Le gouvernement prévoit néanmoins une exception notable pour les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux. Dans ces régions, les professionnels concernés pourront obtenir cette autorisation dès leur nomination ou leur titularisation, sans attendre cinq ans. Une mesure qui vise clairement à attirer et maintenir les compétences dans les zones où les besoins restent importants.

Les activités privées autorisées

Le décret limite la double activité à des domaines jugés hautement qualifiés.

Les professeurs, chercheurs et spécialistes autorisés pourront notamment exercer dans :

  • le conseil et l’expertise ;
  • les études techniques ;
  • la recherche et développement ;
  • l’innovation ;
  • les activités de consulting.

Pour les médecins spécialistes, le texte ajoute également les actes médico-chirurgicaux ainsi que la prestation de soins médicaux.

Le cadre relatif à la double activité des professionnels concernés reste cependant très encadré. Chaque bénéficiaire ne pourra exercer qu’une seule activité lucrative privée et uniquement sur le territoire national. L’activité devra aussi être réalisée pour le compte d’une seule structure, publique ou privée.

Concernant les médecins, une autre limite géographique apparaît : l’exercice privé devra se faire dans la wilaya de travail principale ou dans une wilaya limitrophe.

Les interdictions maintenues par le gouvernement

Le décret, publié dans le Journal officiel n° 38, prévoit aussi plusieurs situations d’exclusion afin d’éviter les conflits d’intérêts.

Ainsi, la double activité sera interdite pour les cadres occupant :

  • un poste supérieur de l’État ;
  • une fonction de direction ou de management dans un établissement public ;
  • une haute responsabilité administrative.

L’autorisation ne pourra pas non plus être accordée pendant une période de formation, une mission professionnelle, un congé scientifique ou un stage de perfectionnement.

Enfin, les agents déjà mobilisés dans des prestations rémunérées prévues par des conventions officielles entre leur établissement et d’autres secteurs ne pourront pas cumuler avec une activité privée supplémentaire.

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Avec ce nouveau dispositif, le gouvernement tente d’ouvrir davantage le marché de l’expertise en Algérie tout en gardant un contrôle strict sur l’activité des cadres du secteur public.

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