JO 2024 : Imane Khelif s’explique sur son traitement hormonal
Imane Khelif justifie son recours à un traitement hormonal avant les JO 2024 © Facebook Imane Khelif - Algérie Zoom
Médaillé d’or aux Jeux olympiques (JO) de Paris 2024, la boxeuse algérienne, Imane Khelif, se retrouve une nouvelle fois au cœur de la tempête. Visée par des accusations répétées sur son genre, elle sort du silence.
Dans un entretien sans détour à l’Équipe publié mercredi 4 février dernier, Imane Khelif reconnaît avoir suivi un traitement hormonal avant les JO de 2024, tout en rejetant fermement les accusations portées contre elle. Sur le ring comme face aux polémiques, la native de Tiaret avance droite.
La sortie n’a rien d’anodin. Accusée publiquement par Donald Trump, Elon Musk et d’autres figures de l’extrême droite mondiale d’être un homme, Imane Khelif choisit de répondre frontalement. Le ton reste posé, mais ferme. « Je respecte Donald Trump parce qu’il est président des États-Unis. Mais il ne peut pas détourner la vérité. Je ne suis pas trans, je suis une fille », tranche-t-elle.
À 26 ans, la championne rappelle son histoire, son parcours, son ancrage. « J’ai été élevée comme une fille, j’ai grandi comme une fille. Les gens de mon village m’ont toujours connue comme une fille », insiste-t-elle, en rappelant un contexte algérien où les opérations de changement de sexe restent interdites. Un détail que ses détracteurs semblent oublier.
Imane Khelif : un traitement hormonal assumé avant les JO 2024
Le point le plus sensible arrive ensuite. Celui qui alimente toutes les controverses. Imane Khelif confirme avoir pris des hormones avant les Jeux olympiques (JO) de Paris 2024. Elle ne se dérobe pas.
« Oui, j’ai des gènes SRY. C’est naturel », explique-t-elle, avant de préciser : « Pour le tournoi de qualification aux Jeux de Paris, à Dakar, j’ai baissé mon taux de testostérone à zéro ».
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Pas de démarche solitaire, insiste-t-elle. « Je suis entourée de médecins, suivie par un professeur ». Une manière de rappeler que rien ne s’est fait en dehors d’un cadre médical strict. Et que la médaille d’or décrochée chez les -66 kg ne relève ni de la triche ni de la dissimulation.
Objectif Los Angeles 2028, malgré la pression
Loin de songer à raccrocher les gants, Imane Khelif regarde déjà plus loin. Les JO de Los Angeles 2028 figurent clairement dans son viseur. Même si cela implique de nouveaux contrôles.
« S’il faut passer un test, je m’y soumettrai », assure-t-elle. Elle affirme même avoir déjà constitué un dossier transmis à World Boxing, sans retour à ce jour. « Ce sont les médecins et les professeurs qui doivent décider », glisse-t-elle, laissant transparaître une certaine lassitude.
Imane Khelif : une polémique ancienne, relancée après les JO 2024
Les ennuis ne datent pas d’hier. Dès mars 2023, lors des championnats du monde en Inde, la Fédération internationale de boxe l’écarte de la finale après des tests controversés. Le doute s’installe. Puis enfle.
Paris 2024 agit comme un accélérateur. L’or olympique, éclatant, ravive les critiques. La campagne de dénigrement devient mondiale. Début janvier, Donald Trump relance l’attaque. Encore.
Imane Khelif, elle, encaisse. Et répond. « Nous avons tous une génétique différente, des taux d’hormones différents. Je ne suis pas une transsexuelle. Ma différence est naturelle. Je suis comme ça. Je n’ai rien à cacher ».
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Sur le ring, elle frappe juste. En dehors aussi. Et la suite, désormais, se jouera autant dans les salles de boxe que dans les bureaux des instances internationales.
Olympian boxing gold medalist Imane Khelif already looking ahead to LA 2028 in L'Equipe newspaper.
La championne olympique de boxe Imane Khelif se confie pour L'Équipe sur son envie de participer aux JO 2028 > https://t.co/wwbHhgrUhS pic.twitter.com/doCSz7G4O5
— L'Équipe (@lequipe) February 4, 2026
