Prix des œufs en Algérie : pourquoi ça flambe
Les prix des œufs et de la viande blanche grimpent sur les marchés en Algérie. Entre la reprise de la consommation, la baisse de production et les contraintes d’importation, la Fédération des éleveurs détaille les raisons de cette hausse.
Les consommateurs algériens constatent depuis plusieurs semaines une hausse notable des prix des œufs et de la viande blanche en Algérie. Ce phénomène, qui suscite de nombreuses interrogations, s’explique par un ensemble de facteurs conjoncturels et structurels, selon Ali Benchaïba, président de la Fédération nationale des aviculteurs, interrogé par le quotidien arabophone El Khabar.
Une demande accrue avec la rentrée scolaireAli Benchaïba indique d’abord que cette augmentation des prix des œufs en Algérie est liée à la reprise des cours dans les établissements scolaires et universitaires. « La rentrée marque chaque année une hausse de la consommation d’œufs, notamment en raison des besoins des cantines scolaires et universitaires », explique-t-il. Ces structures, qui utilisent ce produit dans la préparation des repas quotidiens, ont considérablement renforcé la demande à l’échelle nationale.
Ce surcroît de consommation intervient alors que la production a légèrement reculé, ce qui crée un déséquilibre entre l’offre et la demande, impactant les prix des œufs en Algérie. D’après les rapports transmis par les éleveurs à la Fédération, plusieurs exploitations ont connu une baisse de rendement liée à l’apparition de maladies affectant les volailles. Ces affections, souligne Benchaïba, ne sont pas propres notre pays : « Elles touchent aujourd’hui la plupart des pays producteurs et nécessitent un suivi sanitaire rigoureux. »
Un recul de la production et des maladies persistantes
La même tendance concerne la viande blanche, bien que la hausse des prix soit moins marquée que pour les œufs. Le président de la Fédération évoque un prix moyen de 400 dinars le kilogramme de poulet, en hausse par rapport aux semaines précédentes.
Parmi les causes évoquées figure le recul du nombre d’éleveurs actifs. Plusieurs exploitants ont temporairement réduit ou suspendu leurs activités, notamment en raison des difficultés rencontrées pour se procurer certains intrants essentiels à l’élevage, comme l’aliment et les produits vétérinaires. L’apparition de maladies contagieuses a également entraîné une baisse de la productivité dans certaines régions.
« Quand la production diminue et que la demande reste forte, les prix augmentent mécaniquement », résume Benchaïba.
Les effets d’une décision administrative contestée
Selon la même source, un autre facteur est venu compliquer la situation : la décision du ministère du Commerce extérieur d’interdire l’importation de certains intrants avicoles pour les éleveurs et les coopératives agricoles ne disposant pas de registre de commerce. Cette mesure, justifiée par la volonté de mieux encadrer le marché, a toutefois eu des conséquences immédiates.
Lire aussi | Flambée du prix de la banane en Algérie : l’UGCAA dévoile la raison
« Cette interdiction a provoqué des perturbations dans plusieurs wilayas », précise le président de la Fédération. Face à cette situation, l’organisation qu’il dirige a sollicité l’intervention de l’Union nationale des paysans algériens, qui a saisi le ministère de l’Agriculture afin de trouver une solution. Une rencontre a d’ailleurs réuni récemment les ministères de l’Agriculture et du Commerce extérieur, dont les conclusions sont attendues dans les prochains jours.
Vers une meilleure régulation du secteur
Pour Benchaïba, ces difficultés mettent en lumière les déséquilibres structurels d’une filière qui reste vulnérable aux variations du marché. Il évoque notamment le manque de dispositifs de stockage capables d’absorber les fluctuations de l’offre, ainsi que la lenteur dans la régularisation de la situation administrative des éleveurs.
La Fédération compte aborder ces questions lors d’une réunion prochaine avec le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Walid. Celui-ci, qui fait de la numérisation un axe central de son action, souhaite moderniser la filière avicole à travers une meilleure identification des producteurs, la digitalisation du suivi sanitaire et la régulation des circuits de commercialisation.
Lire aussi | Prix du poulet en Algérie : la FNA propose sa stratégie pour faire durer la baisse
Selon Benchaïba, la réussite de cette démarche permettrait de renforcer la transparence, de stabiliser les prix et d’assurer une offre durable en œufs et en viande blanche, deux produits de base largement consommés par les ménages en Algérie.
