Vidéo TikTok d’un défunt en Algérie : l’infirmière condamnée

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Vidéo Tiktok infirmière Algérie

Le tribunal d’El Harrach en Algérie a condamné une infirmière de 24 ans à trois mois de prison avec sursis, après la diffusion d’une vidéo TikTok montrant la préparation du corps d’un défunt à l’hôpital Salim Zmirli.

Le tribunal d’El Harrach, à Alger, a rendu son verdict ce dimanche dans une affaire qui avait suscité un large débat sur les réseaux sociaux. L’infirmière B.L., exerçant à l’hôpital Salim Zmirli, a été condamnée à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 20 000 dinars, après la diffusion d’une vidéo devenue virale sur TikTok et secouant l’opinion publique en Algérie. Elle devra également verser 100 000 dinars de dédommagement à l’établissement hospitalier, partie civile, ainsi qu’un dinar symbolique au représentant du Trésor public.

Une vidéo tournée après un décès à l’hôpital

L’affaire remonte à janvier 2025. Date à laquelle l’infirmière avait filmé une courte séquence qu’elle avait postée vers la fin du mois d’août dernier, montrant la préparation du corps d’un patient récemment décédé dans le service de réanimation. Le défunt, qu’elle avait soigné pendant près d’un mois, venait de succomber à un arrêt cardiaque. Selon le témoignage de la soignante, rapporte le journal arabophone Ennahar, il avait brièvement repris conscience avant de réciter la chahada, un moment qui l’avait profondément marquée.

Dans la vidéo, K.L. disait vouloir transmettre un message sur la valeur de la vie et la certitude de la mort. Mais la publication, largement partagée sur TikTok après avoir circulé hors de son contrôle, a déclenché une vague de réactions. Beaucoup ont estimé que ces images touchaient à la dignité du défunt, Selon eux, elles sortaient du cadre professionnel attendu en milieu hospitalier.

Le tutelle réagit à la vidéo Tiktok de l’infirmière

À la suite de la diffusion, le ministère de la Santé avait publié un communiqué officiel, condamnant des actes jugés contraires aux valeurs humaines et professionnelles.

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L’administration avait rappelé la nécessité de préserver la dignité des patients, vivants ou décédés, et de faire respecter l’éthique du corps médical. Une plainte a été déposée par la direction de l’hôpital, menant à l’interpellation puis au jugement de l’infirmière dans le cadre d’une comparution immédiate.

Une faute reconnue, mais sans intention de nuire

Lors de l’audience, la prévenue a expliqué avoir partagé la vidéo « à titre privé », uniquement avec un petit groupe d’amis, et sans penser qu’elle deviendrait publique. Elle a reconnu ne pas avoir demandé d’autorisation pour filmer, affirmant avoir agi sous le coup de l’émotion.

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Son avocate a insisté sur son absence d’intention malveillante et sur son parcours exemplaire au sein du service hospitalier. Le parquet avait requis deux ans de prison ferme, mais le tribunal a tenu compte de sa bonne foi et de son jeune âge, prononçant une peine assortie du sursis.

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