Une Algérienne séquestre sa propre mère : les coulisses du drame
La vidéo d’Amina qui a séquestré sa mère a fait le tour de la Toile algérienne en suscitant l’indignation des internautes. Un membre de la famille, en l’occurrence la sœur de la jeune femme, déballe tout sur la triste affaire.
Secoués par la vidéo de la jeune femme algérienne, Amina, qui s’était prise à sa mère, de nombreux internautes demandent l’intervention des autorités de la commune de Khraicia. Ils réclament de placer la fille et sa mère, toutes deux souffrant de troubles mentaux, dans un hôpital psychiatrique.
Des infos indiquent que le placement a eu lieu. Toutefois, le compte de la demoiselle continue de publier. faiusant dire à certains qu’il s’agit d’un piratage.
Dans la vidéo, on voit alors la jeune femme afficher un comportement étrange. Sa mère était attachée à une chaise dans la cuisine, avec du ruban adhésif noir sur le visage et avait sur elle des traces de coups sur le corps.
Ignorant complètement les cris de sa mère, elle s’adresse à son chat, disant : « Regarde-moi Zina, regarde ma Zouleika ». Zina est le nom du chat, tandis que Zouleika est celui de la mère.
Suite la polémique suscitée par la vidéo de la jeune Algérienne frappant sa mère, sa sœur est sortie pour raconter le drame notamment familial qui a précédé la détérioration de son état mental.
Des proches ont également partagé des photos d’elle avant et après ce bouleversement pour illustrer la tournure incroyable prise par sa vie.
Ils ont appelé à ne pas énoncer de jugement hâtif et à ne pas se moquer de sa situation misérable, car l’épreuve peut toucher n’importe quelle personne.
En outre, ils ont souligné que cette jeune femme était autrefois très belle et calme avant que sa vie ne bascule dans la pathologie mentale et l’agressivité. Certaines publications de connaissances suggèrent que les addictions l’avaient détruite.
Une mère algérienne prise au piège : aux origines du mal
C’est dans ce contexte que sa sœur est apparue dans une vidéo où elle assure avoir pris soin d’elle et de leur mère. Cependant, ses propres problèmes ont fini par l’empêcher de continuer à les soutenir comme auparavant.
En effet, elle avait attrapé une dépression suite à son divorce, aggravée par son expulsion de son logement en compagnie de ses quatre enfants.
L’intervenante a ajouté que leur mère était devenue psychotique et paralysée après un grave accident lors duquel un camion l’a renversée, alors qu’elle n’avait que 12 ans et sa sœur pas plus de 10 ans.
Elle confie avoir dû abandonner ses études pour s’occuper d’elle, en affirmant que la famille les a abandonnées à leur sort. Elle a d’autre part précisé que sa belle-mère (la femme de son père) les avait soutenues et était restée à leurs côtés même après le décès de celui-ci.
« Tout a commencé en 2014 lorsque nous avons été déplacées vers la commune dans la commune Khraicia. Ma sœur, Amina, n’a pas apprécié le déménagement et a saccagé la maison, demandant aux autorités de nous remettre dans notre ancien domicile », se souvient la sœur qui relate sa tragédie familiale.
« C’est là que la maladie a commencé, mais nous ne nous en sommes pas rendu compte, car elle semblait aller bien », dit-elle encore.
Amina succombe à ses démons : la case prison
« Elle a poignardé notre voisin et cela lui valu d’aller en prison. Condamnée à deux ans de prison pour plusieurs chefs d’accusation, grâce à un avocat, elle a obtenu une réduction ramenant la peine à huit mois », ajoute la même témoin.
« Pendant cette période, notre père meurt en prison dans une affaire complexe, et je me suis retrouvée seule à affronter tous ces ennuis », se plaint la sœur de l’Algérienne qui s’est filmée en compagnie de sa mère attachée dans la cuisine de leur appartement sis au 5e étage d’un immeuble de logements sociaux.
Concernant la raison de la détérioration de l’état de santé mentale de sa sœur, elle a expliqué qu’elle se faisait punir en prison par les gardiens en raison de sa personnalité qualifiée de « masculine ». Selon la sœur qui témoigne, « elle ne se laissait pas faire et défendait ses droits ».
« Ils la mettaient dans une cellule et la battaient. C’est là qu’elle a commencé à souffrir de troubles dissociatifs. Elle entendait ma voix crier et leur demandait de me laisser tranquille, alors que je n’étais pas du tout là. Quand une détenue m’en a parlé, j’ai introduit une doléance et ils ont cessé de la battre »,
Elle a aussi raconté comment elle l’avait cherchée dans les hôpitaux et les morgues après une disparition soudaine. Six mois plus tard, elle découvre qu’Amina croupissait en prison à Chiffa dans la wilaya de Blida.
Elle avait pris un an pour vol. La demoiselle avait dérobé une bouteille de soda et une somme de 3 000 dinars. « Elle était malade et personne n’a eu pitié d’elle », regrette enfin la sœur d’Amina.
