Tebboune reçoit Elias Zerhouni : qui est ce professeur de renom ?

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Elias Zerhouni

Elias Zerhouni reçu par le président Tebboune, figure algérienne majeure de la recherche médicale internationale © Présidence de la République

Le président Abdelmadjid Tebboune a reçu ce lundi le professeur algérien Elias Zerhouni. Un nom qui revient régulièrement dans les cercles scientifiques, en Algérie comme à l’étranger. Derrière cette rencontre officielle, un parcours hors norme, fait de choix audacieux, d’exil assumé et de reconnaissance internationale.

En effet, la Présidence de la République a annoncé, dans un communiqué publié sur sa page Facebook ce 15 décembre 2025, la réception du professeur Elias Zerhouni par le chef de l’État.

Selon la même source, la rencontre s’est tenue en présence du professeur Kamel Sanhadji, directeur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire. Rien d’anodin. Depuis plusieurs années, l’Algérie cherche à s’appuyer sur ses compétences établies à l’étranger, notamment dans le domaine stratégique de la santé.

D’Alger à Baltimore, un itinéraire peu commun

Elias Zerhouni naît en 1951 à Nedroma, dans la wilaya de Tlemcen. Il grandit à Alger, où il entame des études de médecine. Étudiant brillant, il termine cinquième de sa promotion. À l’époque, un tel classement ouvre toutes les portes. Lui choisit pourtant une voie marginale : la radiologie.

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Un pari risqué. Trop coûteux, trop technique, peu adapté au contexte algérien, lui dit-on. Le doyen de la faculté va même jusqu’à le convoquer. Message direct : sans expérience à l’étranger, cette spécialité n’a pas d’avenir localement.

Elias Zerhouni écoute et agit

Il prépare, par correspondance, l’examen d’équivalence américain. Un défi immense. Il le réussit. Il devient ainsi le premier médecin algérien à décrocher cette reconnaissance aux États-Unis.

Johns Hopkins, puis les sommets de la recherche américaine

Grâce à une bourse, il rejoint Baltimore, au cœur de l’univers Johns Hopkins. Trois mois de stage en radiologie, au départ. Finalement, toute une carrière.

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Aux États-Unis, il gravit les échelons un à un. Entre 1995 et 2002, il occupe le poste de vice-doyen du CHU Johns Hopkins, l’un des centres hospitalo-universitaires les plus réputés au monde. Son profil intrigue, impressionne.

En 2002, la Maison Blanche le contacte. Sous la présidence de George W. Bush, Elias Zerhouni prend la tête du National Institutes of Health (NIH). Un mastodonte : 27 instituts, près de 10 000 scientifiques, des milliards de dollars de budget et une influence mondiale sur la recherche médicale. Il dirigera l’institution jusqu’en 2008.

Entre science, industrie et diplomatie

Après le NIH, son parcours ne ralentit pas. Barack Obama le nomme envoyé spécial des États-Unis pour la science et la technologie. Puis, en 2011, il rejoint le groupe français Sanofi comme président mondial de la recherche et du développement. Il y restera jusqu’à sa retraite en 2018.

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Dans ses rares interviews, Zerhouni assume son attachement à plusieurs pays. Algérien par identité, américain par opportunités, marqué aussi par la rigueur intellectuelle française. Une trajectoire complexe, parfois critiquée, souvent admirée.

Elias Zerhouni : un retour progressif vers l’Algérie

En 2020, le Président Abdelmadjid Tebboune le nomme conseiller spécial à l’Agence nationale de sécurité sanitaire. Une manière de reconnecter l’expertise de haut niveau aux besoins locaux. Sa réception ce lundi s’inscrit dans cette continuité.

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