L’Algérie va récupérer des armes de l’Emir Abdelkader (images)

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Armes Emir Abdelkader

Restitution annoncée des armes de l’Émir Abdelkader, un geste symbolique au cœur des débats mémoriels - Algérie Zoom

Quelques objets. Mais une charge symbolique immense. Des armes ayant appartenu à l’illustre chef de la résistance algérienne au XIXᵉ siècle, l’Emir Abdelkader, doivent prochainement être restituées à l’Algérie. L’information a émergé à la faveur d’une publication de l’historien Benjamin Stora, qui a partagé plusieurs images de ces pièces historiques sur les réseaux sociaux.

La scène s’est déroulée le 4 mars dans la ville française de Stains. À l’occasion d’un iftar organisé par la municipalité, des invités ont pu découvrir ces objets anciens exposés sur une table, soigneusement présentés.

Un moment discret, presque feutré. Mais chargé d’histoire.

Des armes historiques de l’Emir Abdelkader destinées à revenir en Algérie

Sur les photos diffusées, trois pièces principales attirent donc l’attention. Au centre, un fusil long finement décoré, typique des armes à feu utilisées au XIXᵉ siècle. Le bois travaillé et les ornements métalliques rappellent l’esthétique des armements de prestige de l’époque.

À côté, un grand sabre courbe, dont la lame et la poignée semblent avoir été réalisées avec un soin particulier. Ce type d’arme symbolisait souvent l’autorité et le rang militaire.

Plus près encore, une troisième pièce : une arme courte à lame courbe, proche d’un poignard ou d’un sabre court. Un objet qui pouvait servir autant dans le combat rapproché que dans les cérémonies.

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Ces artefacts n’ont pas été retrouvés récemment. Ils ont été achetés lors d’une vente aux enchères par une association franco-algérienne. L’objectif annoncé : les restituer à l’Algérie afin qu’ils soient conservés dans des institutions muséales nationales.

Le montant de l’acquisition de ces armes de l’Emir Abdelkader n’a par ailleurs pas été rendu public.

Une initiative portée par une association franco-algérienne

L’opération a été menée par la Fédération franco-algérienne de soutien et de renouveau. Sa présidente, Karima Khatim, également élue locale en France, a présenté ces objets aux participants lors de la réception organisée pendant l’iftar.

La fédération affirme vouloir contribuer à la préservation du patrimoine historique algérien. Selon ses responsables, ces armes doivent à terme rejoindre des musées en Algérie afin d’être accessibles au public et aux chercheurs.

L’association n’en est pas à sa première initiative mémorielle. Elle a déjà participé à plusieurs activités commémoratives liées à l’histoire franco-algérienne, notamment autour du 17 octobre 1961 ou des anniversaires du déclenchement de la guerre de libération.

Un sujet au cœur des débats mémoriels

La restitution d’objets historiques algériens se trouve depuis plusieurs années au centre des discussions entre Alger et Paris.

Dans un rapport remis en 2021 au président Emmanuel Macron, l’historien Benjamin Stora recommandait déjà le retour de plusieurs biens culturels et archives liés à la période coloniale.

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Ces questions figurent également parmi les dossiers examinés par la commission mixte d’historiens créée en 2022 à l’initiative des présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron. Stora y représente la partie française.

Les travaux de cette commission sont toutefois suspendus depuis la crise politique survenue entre les deux pays à l’été 2024.

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