Algérie : pourquoi Ségolène Royal a dit « non » à France 2

0
Ségolène Royal Algérie

Ségolène Royal revient sur son refus de participer à Complément d’enquête diffusé par France 2 - Algérie Zoom

La diffusion du reportage Complément d’enquête consacré à l’Algérie par France 2 continue de susciter des réactions. Invitée initialement à intervenir dans la séquence des Fauteuils rouges, Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie, a finalement décliné sa participation, dénonçant un contenu qu’elle juge « injurieux » et « orienté politiquement ».

Un refus motivé par le respect de l’Algérie

Dans un entretien accordé à la Télévision algérienne, Royal a expliqué avoir demandé à visionner le documentaire avant de confirmer sa présence. Sa décision est tombée après visionnage : « Pas question que je vienne cautionner et même susciter de l’audience, parce que mon nom attire les téléspectateurs sur un sujet que je désapprouve et qui est totalement injurieux pour l’Algérie », a-t-elle affirmé. Elle a ajouté avoir écrit par texto que le contenu était « inadmissible », soulignant l’absence totale de sujets positifs. Pour illustrer son propos, elle a invité à imaginer la réaction française si une chaîne publique algérienne diffusait un reportage similaire sur Emmanuel Macron.

Des élus binationaux visés

Au-delà de la critique générale, l’ancienne ministre a relevé que le reportage jetait « le discrédit sur les élus binationaux », en insinuant des soupçons d’ingérence. Elle a jugé ce procédé « choquant » et « orienté », rappelant que les consulats sont en contact permanent avec leurs ressortissants pour valoriser l’image de leur pays. Selon elle, « le mécanisme qui consiste à disqualifier les élus binationaux en injectant ce petit poison du soupçon » survient à deux mois des élections municipales en France, ce qui renforce son caractère politique.

À lire aussi | Ségolène Royal livre une déclaration marquante après Tebboune

Au cours de sa visite à Alger, Royal a également insisté sur la nécessité d’ouvrir une nouvelle ère de coopération franco-algérienne, fondée sur la vérité historique et le respect mutuel. Reçue par le président Abdelmadjid Tebboune, elle a rappelé que l’Association France-Algérie œuvre depuis plus de 60 ans pour le dialogue et l’amitié entre les deux peuples. Elle a évoqué une histoire « blessée », faite de violences et de domination, mais aussi de résistances, de familles et de projets communs. Pour Ségolène Royal, il est urgent de « faire reculer les postures politiciennes » et de reconnaître pleinement la souveraineté nationale de l’Algérie.

La restitution des archives et des biens culturels

Parmi les gestes attendus de la France, Royal a mis en avant la restitution des biens culturels et des archives. Elle a cité les objets de l’Émir Abdelkader, les ossements des Chouhada conservés au Musée de l’Homme, ainsi que les archives militaires d’Aix-en-Provence. Elle a également mentionné le canon d’Alger exposé à Brest et le dossier des essais nucléaires dans le Sahara. « L’homme est grand par ce qu’il sait, et noble par ce qu’il fait », a-t-elle rappelé en citant l’Émir Abdelkader, plaidant pour que les objets appartenant au peuple algérien lui soient restitués.

Une amitié à reconstruire

En conclusion, Ségolène Royal a appelé à « libérer la vérité de nos passés » et à bâtir une alliance nouvelle, « d’égal à égal » entre la France et l’Algérie. Elle a insisté sur le devoir de transmettre aux jeunes générations des deux rives une relation apaisée, tournée vers des projets communs. Son refus de participer à l’émission de France 2 s’inscrit ainsi dans une démarche plus large : défendre l’image de l’Algérie, dénoncer les représentations biaisées et promouvoir une coopération fondée sur le respect et la mémoire partagée.

À lire aussi | France – Algérie : Ségolène Royal propose une sortie de crise

About The Author

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *