Algérie : fraude au sel alimentaire, une marque suspendue

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Algérie sel alimentaire

Une entreprise algérienne suspendue pour avoir diffusé du sel non iodé sous une marque réputée © Unsplash - Algérie Zoom

En Algérie, une entreprise privée bien installée sur le marché du sel alimentaire vient de voir son activité suspendue, après la mise au jour de pratiques jugées graves par les autorités. En clair : du sel alimentaire non conforme, commercialisé sous une marque connue, circulait à grande échelle sur le territoire national.

L’opération a été menée par les services de la sécurité alimentaire relevant de la Direction centrale opérationnelle de lutte contre le crime organisé de la Gendarmerie nationale. En appui, l’Institut national de criminalistique et de criminologie. Coordination serrée, enquête approfondie, puis décision rapide.

Du sel… sans iode

Les investigations ont révélé que le produit incriminé était totalement dépourvu d’iode, un élément pourtant obligatoire dans le sel alimentaire destiné à la consommation humaine en Algérie et ailleurs dans le monde. Plus problématique encore : ce sel était vendu comme tel, sous une marque réputée, laissant croire à une conformité totale.

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Selon les informations relayées par la Radio algérienne, la production se faisait dans la wilaya d’El Oued. En grandes quantités. Différents formats. Une organisation bien rodée, visiblement pensée pour alimenter tout le pays.

Une diffusion nationale, jusque dans l’agroalimentaire

Le dossier prend une autre dimension à la lecture des circuits de distribution. Le sel falsifié ne se limitait pas aux étals destinés aux ménages. Il était écoulé auprès d’opérateurs économiques du secteur agroalimentaire : fromageries, unités de fabrication de pâtes alimentaires, autres industries de transformation.

Des procédés frauduleux auraient été utilisés pour contourner les contrôles périodiques. Documents, circuits logistiques, déclarations. Tout était fait pour passer entre les mailles du filet.

Fabrication anarchique, risques sanitaires réels

L’expertise scientifique est sans appel. Le sel était fabriqué de manière anarchique, sans maîtrise des conditions sanitaires élémentaires. Un manquement délibéré, selon les enquêteurs, aux règles visant à prévenir notamment les maladies liées à la glande thyroïde.

Sur le terrain, le risque est ainsi bien réel. Car la carence en iode n’est pas anodine, surtout lorsqu’elle touche une large partie de la population via un produit de consommation quotidienne.

Marque de sel alimentaire mise en cause en Algérie : poursuites judiciaires engagées

Un dossier judiciaire a alors été ouvert contre le gérant de l’entreprise et ses complices présumés. Ils ont été présentés devant le procureur de la République compétent et poursuivis pour détention de produits préparés frauduleusement, production de denrées alimentaires impropres à la consommation humaine et tromperie du consommateur.

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En toile de fond, un message clair des autorités : la sécurité alimentaire n’est pas négociable. Et même les marques les plus connues ne sont pas à l’abri d’un contrôle… ni d’une suspension brutale, lorsque la santé des consommateurs est en jeu.

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