Algérie : le Sahara Blend propulsé par le choc pétrolier mondial
Sahara Blend algérien porté par la flambée mondiale des prix du pétrole © Pexels - Algérie Zoom
Le marché pétrolier a brusquement changé de tempo en mars. Et dans ce mouvement, le brut algérien s’est retrouvé porté par une vague inattendue. Le dernier rapport mensuel de l’OPEP décrit une situation contrastée : production en forte baisse chez plusieurs grands exportateurs, mais stabilité côté algérien. Résultat immédiat, les prix ont bondi, et le Sahara Blend a suivi la cadence, avec une progression marquée sur un seul mois.
Le phénomène n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une séquence plus large où les tensions sur l’offre ont dopé les cours mondiaux. Sur les marchés, l’effet s’est fait sentir rapidement, y compris pour les références utilisées par les pays membres.
Une flambée des prix qui profite au brut algérien
En mars, le panier de référence de l’OPEP a enregistré une hausse exceptionnelle. Sa valeur moyenne est passée de 67,90 dollars en février à 116,36 dollars le baril. Une progression brutale, rarement observée sur une période aussi courte. Dans ce contexte, le prix du Sahara Blend a atteint 104,24 dollars, soit un bond mensuel de plus de 30 dollars.
Le mouvement s’observe aussi sur la durée. Sur l’ensemble du premier trimestre 2026, le brut algérien affiche une moyenne de 82,34 dollars, en progression par rapport à l’année précédente. Ce niveau reste inférieur au pic de mars, mais il confirme une tendance haussière, soutenue par un marché sous tension.
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Sur le terrain, cette hausse se traduit par une amélioration mécanique des recettes. Les chiffres ne disent pas tout, mais ils montrent un environnement favorable. Difficile de ne pas y voir un signal fort pour les finances publiques, d’autant que la demande mondiale reste orientée à la hausse.
Une production stable dans un marché secoué
Pendant que les prix montaient, l’Algérie a maintenu son rythme. La production s’est établie à 973 000 barils par jour en mars, contre 974 000 en février. Une variation marginale. Dans un contexte où plusieurs producteurs ont réduit fortement leur offre, cette stabilité tranche nettement.
Sur le trimestre, la tendance reste positive. La moyenne atteint 971 000 barils par jour en 2026, contre 934 000 en 2025 et 905 000 en 2024. La progression demeure graduelle, mais constante. Elle traduit une capacité à augmenter l’offre sans rupture, tout en respectant les engagements.
En parallèle, plusieurs membres de l’organisation ont enregistré des reculs marqués. L’Irak, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis ou encore le Koweït ont réduit leur production de manière significative. Au total, les pays engagés dans la Déclaration de coopération ont perdu 7,70 millions de barils par jour. Une contraction massive qui a contribué à la tension sur les prix.
Dans ce paysage, la stabilité de la production algérienne prend une dimension stratégique. Elle renforce la visibilité du pays sur le marché et sécurise les flux vers ses partenaires, notamment européens.
Une demande mondiale appelée à soutenir les cours
Le rapport de l’OPEP ne se limite pas à la photographie du mois de mars. Il esquisse aussi les perspectives. L’organisation maintient ses prévisions de croissance mondiale : 3,1 % en 2026 et 3,2 % en 2027. Dans le détail, la Chine, l’Inde et les pays hors OCDE devraient porter l’essentiel de la demande.
La consommation mondiale de pétrole devrait ainsi augmenter de 1,4 million de barils par jour en 2026, puis de 1,3 million en 2027. Une progression modérée, mais suffisante pour maintenir la pression sur l’offre, surtout si les réductions de production se prolongent.
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Autre élément notable : les marges de raffinage ont atteint des niveaux élevés en mars. La rareté du brut et la hausse des distillats moyens, notamment diesel et kérosène, ont tiré les gains à la hausse dans plusieurs régions. Ce facteur a amplifié l’impact de la flambée des prix.
Dans ce contexte, le Sahara Blend bénéficie d’un environnement favorable. Si les tensions persistent et que la demande estivale se confirme, les cours pourraient rester élevés. La capacité des producteurs stables à maintenir leur offre jouera alors un rôle clé. L’Algérie, avec une production régulière et des prix en hausse, se retrouve au cœur de cette équation. Et le marché, pour l’instant, regarde dans cette direction.
