Scandale de l’autoroute Est-Ouest : nouveau procès en Algérie

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Est ouest autoroute

Le procès de l’autoroute Est-Ouest relance un dossier aux multiples ramifications judiciaires - Algérie Zoom

Onze ans après le verdict initial, le scandale de l’autoroute Est-Ouest revient devant la justice algérienne. La Cour d’Alger a accepté le pourvoi en cassation et fixé une nouvelle audience au 19 janvier 2026.

Le projet de l’autoroute Est-Ouest, censé relier sur plus de 1200 kilomètres les frontières algériennes, est de nouveau au centre de l’actualité judiciaire. Après avoir marqué les esprits en 2015, l’affaire refait surface. Neuf accusés devront comparaître, parmi eux des hommes d’affaires connus et d’anciens hauts responsables du ministère des Travaux publics et des Transports. Sept sociétés étrangères sont également poursuivies, rapporte Echorouk dans son édition du 12 janvier 2026. Les chefs d’accusation sont lourds : corruption, abus d’influence, blanchiment, détournement et dilapidation de fonds publics.

Une affaire qui avait secoué le pays

Ouverte en 2008, l’enquête avait révélé des pratiques opaques dans l’attribution des marchés liés à ce chantier colossal. Le procès de 2015 s’était conclu par des peines allant de 7 à 10 ans de prison. Mais de nombreuses zones d’ombre subsistaient, notamment autour de la gestion des contrats et des responsabilités politiques. Selon la même source, les déclarations de certains cadres avaient mis en cause des figures de premier plan, sans qu’il y ait convocation ni citation de celles-ci dans le dossier.

Un gouffre financier

Le coût du projet est estimé à plus de 16 milliards de dollars, dont une partie considérée comme directement liée à des actes de corruption. L’ancien ministre des Travaux publics, Farouk Chiali, avait en effet reconnu la dégradation de près de 25 % des tronçons, nécessitant une reconstruction. L’évaluation du gaspillage s’élève à environ 4 milliards de dollars supplémentaires, un chiffre qui dépasse celui du scandale Khalifa (3,5 milliards).

Des contrats douteux et des malfaçons

Les investigations ont mis en lumière des marchés attribués sans appel d’offres, notamment à des groupes étrangers comme Cojaal (Japon) et Andrade Gutierrez (Brésil). Ces contrats se sont accompagnés de surcoûts massifs ainsi que de défauts techniques. Le pont Trans-Rhummel à Constantine, construit sur un sol instable, illustre ces anomalies. Le chantier avait coûté près de 18,7 milliards de dinars, avec des soupçons de pots-de-vin.

L’affaire de l’autoroute Est-Ouest, symbole du gaspillage et des dérives dans la gestion des grands projets sous l’ancien régime, revient alors sur le devant de la scène par la voie d’une nouvelle action en justice, promettant d’apporter plus d’éclairage.

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