France : une star algérienne attendue dans le conseil de Macron
À Paris, Emmanuel Macron prépare un conseil dédié aux diasporas, où des figures issues de l’immigration, dont une star algérienne, pourraient jouer un rôle politique et symbolique inédit © Facebook Emmanuel Macron - Algérie Zoom
À l’Élysée, une idée prend forme. Rassembler les diasporas, les mettre au cœur du jeu politique et culturel. Dans ce schéma encore en construction, un nom circule déjà : Amel Bent, figure populaire et désormais franco-algérienne, pressentie pour intégrer un futur conseil voulu par Emmanuel Macron.
Le signal vient d’en haut. Emmanuel Macron ne cache plus son intention de faire des diasporas, notamment algérienne, un levier stratégique pour la France. Face à la montée des discours identitaires, en Europe comme aux États-Unis, l’Élysée veut changer de récit. Valoriser les parcours hybrides. Montrer que la diversité pèse, et qu’elle peut rassembler.
Selon le quotidien L’Opinion, la présidence planche sur la création d’un haut-commissariat à la diversité et aux diasporas. Une structure composée de personnalités connues, issues de différents horizons : culture, sport, économie, engagement associatif. En clair, des visages capables de parler au pays réel.
Dans les couloirs, l’objectif se murmure sans détour : contrer la vision de Donald Trump pour l’Europe, marquée par le repli, la fermeté migratoire et une lecture frontale des identités. À Paris, le pari est inverse. Miser sur les liens, les histoires croisées, les passerelles.
La diaspora algérienne, un poids symbolique et politique
En France, la diaspora algérienne occupe une place particulière, et Macron le sait bien. Numériquement d’abord. Symboliquement ensuite. Elle traverse les générations, les territoires, les débats. Difficile de l’ignorer dans une stratégie qui vise à retisser du lien et à répondre au sentiment de déclin que certains responsables évoquent ouvertement.
Lors d’une récente réunion avec les ambassadeurs français, Emmanuel Macron a résumé sa ligne : mobiliser davantage les diasporas, renforcer le partenariat africain, et inscrire ce chantier dans la durée, avec une échéance claire à l’horizon 2026.
L’Algérienne Amel Bent : un choix de Macron qui parle au grand public
Dans cette architecture encore floue, le nom d’Amel Bent revient avec insistance. La chanteuse de 40 ans incarne une trajectoire connue, populaire, mais jamais lisse. Née à Paris en 1985 d’un père algérien et d’une mère marocaine, elle a construit sa carrière sans gommer ses racines.
Révélée par Nouvelle Star en 2004, elle marque rapidement les esprits avec Ma Philosophie. Une chanson devenue manifeste, portée par une fierté assumée. Depuis, albums, collaborations, télévision. Amel Bent reste présente, sans saturation.
Son récent choix d’obtenir la nationalité algérienne, en juillet 2025, a renforcé cette dimension symbolique. Une démarche personnelle, motivée par des raisons familiales. Pouvoir se rendre à Oran, là où repose sa grand-mère, sans contraintes administratives. Un geste intime, mais lourd de sens.
Un conseil encore à dessiner
Le futur conseil voulu par Emmanuel Macron devrait réunir une trentaine de personnalités, dont une Algérienne. Rien n’est figé. Les contours restent flous. Mais l’intention est claire : créer un espace où la diversité ne se limite pas à un slogan.
Difficile de ne pas y voir un message politique. À l’intérieur comme à l’extérieur. À l’heure où les lignes bougent, Emmanuel Macron tente une autre voie. Reste à savoir si cette initiative dépassera le symbole pour s’ancrer, durablement, dans le réel.
