Régularisation de la diaspora : l’Algérie passe à l’action
Le président Abdelmadjid Tebboune a lancé, dimanche, un appel en direction des jeunes Algériens à l’étranger en situation précaire et irrégulière © Pixabay - Algérie Zoom
En Algérie, le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé une mesure inédite pour régulariser une frange de la diaspora. Objectif affiché : tourner une page, réparer des parcours brisés et ramener vers le pays ceux qui se sont retrouvés piégés loin de chez eux.
En effet, le président Abdelmadjid Tebboune a lancé, dimanche, un appel en direction des jeunes Algériens à l’étranger en situation précaire et irrégulière, une initiative qui s’inscrit dans une nouvelle approche de l’Algérie vis-à-vis de sa diaspora, longtemps laissée en marge des politiques publiques.
À l’issue du Conseil des ministres, la présidence a rendu public un communiqué au ton inhabituel. Le chef de l’État y affirme avoir « lancé un appel aux jeunes Algériens se trouvant à l’étranger en situation de précarité et irrégulière ».
Derrière cette formule, un constat. Des jeunes, souvent très jeunes, partis dans la confusion. Certains ont cru à de fausses promesses, d’autres ont fui par peur, parfois pour éviter « une simple convocation par la police ou la Gendarmerie nationale », précise le communiqué. Rien de criminel, insiste la même source. Des infractions mineures, liées à l’ordre public ou à des malentendus administratifs.
Algérie : un appel direct aux jeunes de la diaspora en difficulté
Le texte officiel va plus loin. Il évoque donc des réseaux et des individus qui auraient « délibérément induit en erreur » ces jeunes, en les utilisant à des fins politiques. Selon la présidence, certains ont exploité le phénomène de la Haraga pour « ternir l’image de l’Algérie » et pousser à l’exil illégal.
Résultat sur le terrain : des Algériens bloqués loin de leurs familles, livrés à eux-mêmes. Le communiqué parle de jeunes « loin de leur patrie, de leurs proches et de leurs amis », vivant une « pauvreté extrême », contraints d’accepter « des tâches humiliantes ». Une réalité connue des consulats.
Une régularisation sous conditions
Face à cette situation, l’État tranche. En Algérie, le Conseil des ministres décide de régulariser la situation de ses membres de la diaspora, sous une condition claire : l’engagement à ne pas récidiver. La présidence insiste sur un point politique fort : cette décision repose sur un « accord total entre toutes les institutions de la République ».
Concrètement, la prise en charge démarre à l’étranger. Les consulats d’Algérie assureront l’accompagnement administratif, depuis la régularisation jusqu’au retour vers la mère patrie. Une démarche encadrée, progressive, qui vise à éviter les improvisations.
Des exclusions clairement définies
Par ailleurs, la main tendue ne concerne pas tout le monde. Le communiqué trace une ligne nette. La mesure exclut donc les auteurs de crimes de sang, les trafiquants de drogue, les trafiquants d’armes, ainsi que toute personne ayant collaboré avec des services de sécurité étrangers dans le but de porter atteinte à l’Algérie.
Un choix assumé. L’État distingue les parcours de détresse des actes lourds. Difficile de ne pas y voir un message adressé par l’Algérie à la diaspora et à l’opinion publique intérieure.
Algérie : un tournant dans la relation avec la diaspora
Sur le fond, cette annonce marque un changement de ton. Ainsi, l’Algérie ne parle plus seulement de contrôle ou de dissuasion. Elle parle de réintégration, de protection, de responsabilité collective.
Reste la mise en œuvre. Sur le terrain consulaire, dans les prochains mois, tout se jouera là. Les jeunes concernés attendent des réponses concrètes, rapides, humaines. Et cette fois, le pays semble décidé à ne pas les laisser seuls face à leur errance.
