Itinéraires Augustiniens : l’Algérie dépose le dossier à l’UNESCO
L’Algérie soumet à l’UNESCO le projet des Itinéraires augustiniens © ministère de la Culture et des Arts - Algérie Zoom
L’Algérie franchit une nouvelle étape dans la valorisation de son patrimoine. Le ministère de la Culture et des Arts lance officiellement le suivi du dossier des Itinéraires Augustiniens, avec en ligne de mire une reconnaissance internationale par l’UNESCO. Un projet ambitieux, à la croisée de l’histoire, de la mémoire et du tourisme culturel.
Le processus s’accélère. La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a installé, ce vendredi 10 avril 2026, une commission nationale dédiée au suivi du dossier des Itinéraires Augustiniens.
Dans son communiqué, le ministère précise que cette structure regroupe « des experts et des spécialistes en archéologie, histoire et anthropologie, ainsi que des professionnels de la valorisation du patrimoine ».
Sur le terrain, la mission s’annonce dense. Coordination avec les institutions nationales, échanges avec l’UNESCO, suivi du dossier… tout passe désormais par cette équipe.
Itinéraires Augustiniens : un réseau de sites historiques à travers l’Algérie
Le projet repose sur un ensemble de sites emblématiques. Et la liste est longue. Selon le ministère, ces itinéraires incluent « plusieurs sites archéologiques et monuments historiques », parmi lesquels Hippo (Annaba), Calama (Guelma), Thibilis (Sellaoua Announa), Madaure (M’daourouch) ou encore Sitifis (Sétif).
D’autres villes s’ajoutent à ce parcours, de Cherchell à Tébessa, en passant par Mila ou Ténès. Au total, un tracé qui s’étend sur près de 1.500 kilomètres. Une sorte de fil conducteur à travers l’histoire antique de l’Algérie.
Une stratégie pour valoriser le patrimoine
La commission ne se limite pas à un rôle administratif. Elle doit aussi proposer des orientations concrètes. Le communiqué évoque « l’élaboration de stratégies innovantes pour valoriser ces itinéraires en tant que destination culturelle mondiale ». La promotion du projet figure également parmi les priorités.
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En parallèle, un travail de fond concerne la protection des sites. Le ministère insiste sur « la supervision des programmes de protection et de sauvegarde des sites archéologiques et monuments historiques concernés ».
Une dimension historique et spirituelle forte
Le projet ne repose pas uniquement sur des pierres anciennes. Il s’inscrit dans une histoire plus large. Les itinéraires augustiniens renvoient à la figure de Saint Augustin, né à Tagaste (Souk Ahras). Une personnalité majeure, dont la pensée a marqué plusieurs siècles.
Le ministère souligne que ce parcours « redessine la géographie intellectuelle et patrimoniale » du pays. Une manière de relier les anciennes cités numides et romaines autour d’un héritage commun. Dans les faits, le projet mêle histoire, philosophie et spiritualité.
Itinéraires Augustiniens : un projet à portée internationale
L’ambition dépasse le cadre national. L’Algérie vise clairement une inscription sur la scène mondiale. Le ministère met en avant « un parcours transfrontalier reliant l’Afrique à l’Europe », avec une dimension culturelle forte. Une manière de positionner ces itinéraires face aux grands circuits internationaux.
Ce projet pourrait aussi dynamiser le tourisme culturel. Le communiqué évoque « une dynamique économique locale durable », portée par la mise en valeur des sites.
Un timing qui interpelle
L’annonce intervient dans un contexte particulier. Elle précède la visite du pape Léon XIV en Algérie. Un détail qui n’en est pas vraiment un. Le souverain pontife a lui-même revendiqué son attachement à la pensée augustinienne.
Dans ce climat, le dossier des Itinéraires Augustiniens prend une dimension supplémentaire. À la fois culturelle, mais aussi symbolique. Reste maintenant à franchir les étapes. L’UNESCO aura le dernier mot.
