La frontière Algérie – Maroc théâtre d’un acte de provocation
Un drapeau israélien brandi à la frontière Algérie - Maroc déclenche une vive polémique en ligne - Algérie Zoom
Une séquence filmée dans la zone de Bin Lajraf, près de Saïdia, et relayée massivement ces dernières 48 heures, a déclenché une vague d’indignation. On y voit une femme, du côté marocain de la frontière entre l’Algérie et le Maroc, brandir un drapeau israélien en direction du territoire algérien. Ce geste, capté par des téléphones et diffusé à grande échelle sur les réseaux sociaux, a été perçu comme une provocation directe. La réaction algérienne de l’autre côté fut immédiate : un citoyen a levé le drapeau palestinien, rappelant la ligne constante d’Alger concernant la cause palestinienne. On vous explique tout dans notre édition du 24 janvier 2026.
Frontière Algérie / Maroc : une scène qui scandalise
La vidéo montre un groupe de personnes posant avec les drapeaux marocain et israélien. Mais c’est le moment où l’un d’eux se tourne vers la frontière pour agiter le drapeau israélien qui a cristallisé la colère. Les réactions ont fusé : Algériens, étrangers et même Marocains ont dénoncé l’incident. Pour beaucoup, il s’agit d’une provocation calculée, destinée à tester la patience d’Alger et à attiser les rancunes.
Des voix marocaines critiques
L’opposante Dounia Filali a dénoncé sur la plateforme X une « atteinte flagrante à la souveraineté nationale » du Maroc et une provocation envers l’Algérie commise à la frontière. Elle a souligné l’incohérence d’un régime qui arrête ses citoyens pour un simple t‑shirt Palestine libre, mais laisse des Israéliens brandir leur drapeau en toute impunité.
Le Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation a lui aussi exprimé son mécontentement. Dans un communiqué, il a parlé d’un « défi flagrant aux sentiments des Marocains ainsi que de leurs frères algériens », accusant Israël de chercher à diviser les peuples du Maghreb et à profiter de la politique de normalisation menée par Rabat.
Une fracture diplomatique avérée
Cet incident à la frontière entre l’Algérie et le Maroc survient dans un contexte déjà tendu. La frontière algéro‑marocaine est fermée depuis 1994, et les relations bilatérales, coupées, sont marquées par des divergences profondes, notamment sur le dossier du Sahara occidental. La scène de Saïdia illustre deux trajectoires diplomatiques opposées : le Maroc, qui a normalisé ses relations avec Israël en décembre 2020 dans le cadre des accords d’Abraham, et l’Algérie, qui refuse catégoriquement toute reconnaissance de l’entité sioniste.
Une constance historique
La riposte algérienne par le drapeau palestinien ne constitue pas un acte anodin. Elle s’inscrit dans une tradition diplomatique revendiquée depuis l’indépendance. L’Algérie a en effet toujours fait de la solidarité avec la Palestine un axe structurant de sa politique étrangère. L’Organisation de libération de la Palestine y a longtemps tenu des bureaux, et c’est également à Alger que Yasser Arafat proclama symboliquement l’État palestinien en 1988.
Enfin, pour de nombreux observateurs, l’incident de Bin Lajraf rappelle que chaque geste à la frontière peut devenir un signal politique. En brandissant un drapeau israélien face au territoire algérien, certains cherchent à provoquer et à exacerber les tensions. La réponse quasi instantanée par des drapeaux palestiniens traduit une cohérence diplomatique que l’Algérie revendique comme une marque d’intégrité et de fidélité à ses engagements historiques.
