Maroc : la prison ferme pour Raouf Belkacemi
Condamné au Maroc, l’influenceur algérien affirme qu’il s’agissait d’une mise en scène humoristique - Algérie Zoom
Le tribunal de Rabat a condamné l’influenceur algérien Raouf Belkacemi à trois mois de prison ferme et à une amende de 500 dirhams. Une décision qui suscite une vive polémique en Algérie, où l’intéressé affirme qu’il n’a jamais uriné dans les gradins mais qu’il s’agissait d’une mise en scène humoristique
Lors du match Algérie – RDC en Coupe d’Afrique des Nations (CAN), Raouf Belkacemi, qui vient d’écoper d’une peine de prison ferme au Maroc, a filmé une vidéo dans les gradins. Sur le ton de l’humour, il évoque la pression du moment et plaisante en disant qu’il risquait de « s’uriner dessus ». Dans la séquence, aucune image ne montre l’acte reproché. L’influenceur avait en réalité filmé une flaque de soda renversé, utilisée comme ressort comique pour amuser ses abonnés.
De la blague au tribunal
Arrêté puis placé en détention provisoire, le streamer a vu son dossier s’alourdir rapidement. Le 19 janvier, le tribunal de Rabat a retenu une atteinte aux mœurs et prononcé une peine de prison ferme. Une sanction jugée sévère et disproportionnée par de nombreux observateurs, qui rappellent que l’influenceur est connu pour ses vidéos humoristiques et non pour des comportements répréhensibles.
Réactions en Algérie
En Algérie, les réactions sont vives. Les internautes dénoncent une injustice et parlent d’acharnement. Pour eux, la justice marocaine a pris au sérieux une provocation légère sortie de son contexte. Une multitude d’avis insiste sur le caractère humoristique de la vidéo et soulignent que la sanction ne correspond pas aux faits réels.
L’emballement des réseaux sociaux
La séquence, largement partagée en ligne, a pris une ampleur inattendue. Ce qui devait rester une plaisanterie de supporter s’est transformé en affaire judiciaire. Les réseaux sociaux marocains ont amplifié la polémique, donnant à l’épisode une visibilité qui a pesé sur la procédure.
Et après
Raouf Belkacemi, qui était très actif sur Internet, notamment Kick, reste incarcéré à Rabat, avec la possibilité d’interjeter appel pour sortir de prison. Ses proches espèrent que la justice marocaine reconsidérera la nature réelle de l’acte : unemise en scène humoristique, mais pas un délit. En Algérie, l’affaire est suivie de près et alimente le débat sur la liberté d’expression et la disproportion des sanctions.
