La SNTF annonce l’arrêt temporaire des trains Oran – Béchar
La SNTF suspend temporairement les trains Oran - Béchar dès le 27 janvier 2026 pour préparer l’exploitation du projet minier Gara Djebilet - Algérie Zoom
La trains reliant Oran et Béchar vont marquer une pause. La Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) a officialisé l’arrêt temporaire des dessertes sur cette ligne stratégique, dans un contexte bien précis : la mise en route progressive du vaste projet minier de l’Ouest algérien. Une décision technique, mais lourde d’enjeux.
L’annonce est tombée ce dimanche 25 janvier 2026, via un communiqué publié sur la page Facebook officielle de la SNTF. À partir du mardi 27 janvier 2026, les trains reliant Oran à Béchar, dans les deux sens, ne circuleront plus provisoirement.
Dans les faits, le dernier départ est programmé pour le lundi 26 janvier. Au-delà, silence radio sur les rails. La compagnie ferroviaire précise que cette mesure s’inscrit dans les préparatifs liés à la mise en service du projet minier Béchar–Tindouf–Gara Djebilet, un chantier colossal qui redessine déjà la carte logistique du pays.
Trains Oran – Béchar : une suspension liée au chantier minier de l’Ouest
Aucune date de reprise n’a été avancée. Les voyageurs devront donc patienter. La SNTF promet toutefois de communiquer ultérieurement, via un nouveau communiqué, dès que le calendrier sera clarifié.
Sur le terrain, la suspension des trains Oran – Béchar risque de bousculer les habitudes. Cette ligne reste un axe important pour les déplacements longue distance, notamment pour les familles et les travailleurs du Sud-Ouest.
Une méga-ligne minière qui change d’échelle
En toile de fond, un projet hors norme. La SNTF a récemment confirmé le succès des essais techniques de la ligne minière reliant Béchar, Tindouf et Gara Djebilet, longue d’environ 950 km. Une infrastructure pensée avant tout pour le fret, mais qui ouvre aussi des perspectives inédites pour les voyageurs.
Invité sur la Chaîne III de la Radio nationale, Farid Halliche, directeur central chargé de la clientèle, n’a pas caché l’ambition. Longtemps enclavée, Tindouf se retrouve désormais connectée au réseau ferroviaire national. Le défi était immense : traverser près de 815 km de zones dunaires, avec un risque permanent d’ensablement.
Pour y faire face, la voie ferrée repose sur des structures surélevées, entretenues par des engins spécialisés de dernière génération. L’objectif principal reste clair : acheminer le minerai de fer de Gara Djebilet vers le port de Béthioua, près d’Oran.
Changement d’échelle aussi côté logistique. Fini les convois classiques. Place à des trains de 150 à 170 wagons, longs de plus de 2,2 km, capables de transporter jusqu’à 17 000 tonnes chacun. À terme, l’État vise 50 millions de tonnes de minerai par an, en plus de 25 millions de tonnes de produits industriels issus de Béchar.
Voyageurs, numérique et relance du rail
Le projet ne se limite pas au fret. Dès son inauguration officielle, deux trains de voyageurs quotidiens relieront Béchar et Tindouf, à une vitesse comprise entre 80 et 100 km/h. Chaque rame comptera 246 sièges, avec restauration à bord et des voitures modernisées à Sidi Bel-Abbès.
Autre virage assumé : la numérisation. La SNTF prévoit un quota de réservations en ligne, via son site web et son application mobile. Objectif affiché : réduire les files d’attente, améliorer le service et redonner du souffle au transport ferroviaire, encore largement dominé par la route en Algérie.
