Brandt France : un projet de reprise après l’échec de Rebrab

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Brandt France

Issad Rebrab, dont l’échec en France ouvre la voie au projet de reprise de Brandt - Algérie Zoom

Après la liquidation judiciaire de Brandt en France, un projet de reprise partielle émerge. Porté par Thomson Computing, il marque une nouvelle étape pour l’usine d’Orléans, longtemps fragilisée sous la houlette de Cevital.

Le 11 décembre, le tribunal de commerce de Nanterre avait prononcé la liquidation de Brandt France, laissant près de 700 salariés dans l’incertitude. À Orléans, site emblématique du groupe, 350 emplois étaient menacés. L’annonce d’une reprise partielle, présentée le 24 décembre par Thomson Computing, change la donne. Selon une dépêche AFP relayée par France 24, l’entreprise française, spécialisée dans l’informatique et le numérique, propose de relancer progressivement l’activité avec le maintien immédiat de 150 postes et une montée en charge pouvant atteindre 250 emplois sur cinq ans.

Un projet industriel diversifié

Le schéma imaginé par Stephan Français, patron de Thomson Computing, repose sur la poursuite d’une partie de la production d’électroménager, mais aussi sur l’ouverture d’une ligne dédiée au matériel électronique. Objectif : diversifier les activités du site et lui donner une nouvelle vocation industrielle. « Mon plan, c’est de concentrer l’innovation et de rassembler plus de corps industriels en un seul endroit », a-t-il expliqué lors d’un point presse.

Réactions prudentes des pouvoirs publics

Si l’annonce a suscité un soulagement local, notamment du maire d’Orléans Serge Grouard, l’État reste prudent. Le ministre de l’Industrie Sébastien Martin a rappelé que toutes les offres devront faire l’objet d’un examen dans le cadre de la procédure officielle. Un appel d’offres est prévu en janvier, après l’abandon du projet de coopérative (Scop) soutenu par Revive. Roland Lescure, ministre de l’Économie, a toutefois salué « un avenir industriel » pour le site, promettant un accompagnement de l’État.

Rebrab et Brandt France : l’aventure s’achève

Cette reprise intervient après l’échec du groupe algérien Cevital, propriétaire de Brandt depuis 2014. Issad Rebrab avait racheté les actifs de Fagor-Brandt pour bâtir un pôle industriel franco-algérien. Mais la filiale française n’a jamais retrouvé un équilibre durable. Baisse des ventes en 2022 et 2023, recul de la demande lié à la crise immobilière, résultats dégradés en 2024 : autant de signaux qui ont précipité la liquidation. En Algérie, les activités se poursuivent normalement, notamment à Sétif où Cevital exploite une usine géante employant 4 000 personnes. En France, en revanche, l’aventure s’achève.

Un avenir encore incertain

Le projet de Thomson Computing ne sauvera pas tous les emplois, mais il offre une perspective à un site menacé de disparition. Les salariés, eux, oscillent entre espoir et prudence. La reprise partielle ne gomme pas les années de difficultés, mais elle pourrait éviter que Brandt France ne disparaisse totalement du paysage industriel.

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