Vidéosurveillance au travail : nouvelles règles en Algérie
L’Algérie encadre désormais l’usage des caméras au travail pour protéger données et vie privée © Unsplash - Algérie Zoom
Les caméras sont devenues un élément familier dans de nombreux lieux de travail. Ateliers, commerces, établissements scolaires… un peu partout, l’objectif reste le même : sécuriser les locaux et protéger les biens. Mais cette présence de caméras de vidéosurveillance en progression continue en Algérie pose aussi une question sensible, celle des données personnelles.
C’est dans ce contexte que l’Autorité nationale de protection des données à caractère personnel (ANPDP) vient de préciser les règles du jeu. Une délibération adoptée le 4 mars 2026 fixe désormais un cadre plus clair pour l’usage des systèmes de vidéosurveillance dans les milieux professionnels en Algérie.
Le texte rappelle un principe simple : surveiller un espace de travail ne peut pas se faire sans conditions.
Une procédure obligatoire avant l’installation
Premier point important : l’exploitation d’un système de vidéosurveillance doit être déclarée auprès de l’ANPDP. Cette démarche concerne toute structure utilisant des caméras pour traiter des images de personnes, qu’il s’agisse d’entreprises, d’administrations ou d’organismes privés.
Mais la procédure ne s’arrête pas là.
L’installation de ces dispositifs nécessite également une autorisation du wali territorialement compétent, délivrée après consultation du comité de sécurité de wilaya. Ce mécanisme vise à encadrer l’usage des caméras tout en tenant compte des enjeux de sécurité locale.
Une exception est toutefois prévue : les services relevant des ministères de la Défense nationale et de l’Intérieur ne sont pas soumis à cette procédure spécifique.
Sur le terrain, cela signifie que toute entreprise souhaitant équiper ses locaux devra désormais anticiper ces formalités. Une étape administrative de plus, certes, mais pensée pour clarifier les responsabilités et éviter les usages improvisés.
Informer les employés et encadrer l’usage des images
Autre point central du dispositif : la transparence vis-à-vis des personnes présentes sur les lieux de travail.
Les employés, mais aussi les partenaires ou visiteurs, doivent être informés de manière claire. Des affiches visibles ou des communications internes doivent signaler l’existence des caméras, leur emplacement et les raisons de leur installation.
L’objectif affiché reste la sécurité : protéger les personnes, préserver les équipements, maintenir un environnement de travail serein. Rien de plus.
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Dans le même esprit, l’Autorité insiste sur la destination des images enregistrées. Les données collectées ne peuvent servir qu’à la protection des personnes et des biens. Toute utilisation en dehors de cette finalité serait contraire aux règles fixées.
L’accès aux enregistrements doit également rester limité. Seules les personnes expressément habilitées par le responsable du traitement peuvent consulter ces images, qui doivent être conservées dans un environnement sécurisé.
Vidéosurveillance en Algérie : des limites claires pour préserver la vie privée
Si la vidéosurveillance peut contribuer à la sécurité, elle ne doit pas empiéter sur la sphère privée. Le texte rappelle donc plusieurs interdictions précises.
Ainsi, les caméras ne peuvent pas être installées dans les espaces où l’intimité doit être préservée, comme les sanitaires, les vestiaires ou tout autre lieu assimilé à un espace personnel.
Autre règle importante : les systèmes de vidéosurveillance des administrations et institutions publiques ne doivent pas être connectés à Internet. Cette mesure vise à limiter les risques liés à la circulation des données.
La durée de conservation des images est également encadrée. Les enregistrements peuvent être gardés pendant une période maximale d’un an, dans des conditions de sécurité adaptées.
Enfin, les personnes concernées disposent de droits clairement définis par la législation sur la protection des données. Elles peuvent demander des informations, accéder aux données les concernant, solliciter une rectification ou s’opposer à certains traitements lorsque la loi le permet.
Un cadre juridique qui s’appuie sur la loi sur les données personnelles
Pour établir ces règles, l’ANPDP s’appuie notamment sur la loi n°18-07 du 10 juin 2018, consacrée à la protection des personnes physiques dans le traitement des données personnelles.
La délibération s’appuie également sur le décret exécutif relatif aux règles de sécurité applicables aux équipements sensibles, ainsi que sur le règlement intérieur de l’Autorité adopté en 2023.
Sur le fond, la démarche vise à trouver un équilibre. Les entreprises peuvent utiliser la vidéosurveillance pour sécuriser leurs installations. Mais cette pratique doit rester encadrée, proportionnée et transparente.
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Dans les bureaux, les commerces ou les établissements d’enseignement, les caméras de vidéosurveillance continueront donc d’exister en Algérie. Simplement, leur présence devra désormais s’inscrire dans un cadre plus structuré.
Et sur le terrain, beaucoup le reconnaissent déjà : mieux vaut des règles claires que des zones floues. Les responsables savent désormais à quoi s’en tenir. Les salariés aussi.
