Visite de Meloni en Algérie : 4 dossiers chauds à l’ordre du jour

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Visite Meloni Algérie

Giorgia Meloni en visite à Alger : gaz, prix et industrie au cœur des discussions stratégiques - Algérie Zoom

La venue en Algérie de la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, acceuillie ce mercredi 25 mars à l’aéroport d’Alger par le Premier ministre Sifi Ghrieb, ne ressemble pas à une visite protocolaire de plus. Le calendrier est serré, l’enjeu aussi. Face au président Abdelmadjid Tebboune, plusieurs dossiers majeurs s’empilent, avec en toile de fond une conjoncture énergétique nerveuse et une Europe en quête d’équilibres. Sur le terrain diplomatique, tout converge vers une discussion dense, technique… mais stratégique.

Selon l’agence italienne Nova, Rome veut accélérer ses démarches pour sécuriser davantage de volumes de gaz. Le contexte international pèse lourd : tensions régionales, flux perturbés, marchés imprévisibles. Dans ce paysage, Alger reste un partenaire proche, déjà central dans l’approvisionnement italien. Difficile de ne pas y voir un déplacement ciblé.

Meloni en visite en Algérie : gaz et sécurité énergétique, priorité immédiate

Premier dossier, et pas des moindres : le renforcement des livraisons de gaz algérien. L’Italie dépend largement de cette énergie pour sa production électrique. Près de 44 % de son électricité repose sur des centrales alimentées au gaz, un niveau élevé qui rend l’économie particulièrement sensible aux fluctuations des marchés.

Le gazoduc Transmed reste la colonne vertébrale de ce dispositif. En 2025, il a transporté environ 20,1 milliards de mètres cubes, soit près d’un tiers des importations italiennes. Les contrats liant Eni et Sonatrach structurent cette coopération jusqu’en 2027. Mais les marges d’augmentation à court terme demeurent limitées. Et c’est précisément ce point que Rome souhaite clarifier.

Dans les milieux industriels italiens, l’inquiétude grandit. Les prix de l’énergie pèsent sur la production. Les discussions devraient donc aborder la possibilité d’augmenter les volumes, mais aussi la question sensible des tarifs.

Prix, GNL et diversification des flux

Deuxième dossier chaud de la visite de Giorgia Meloni en Algérie : la renégociation éventuelle des prix. Toujours selon Nova, Alger pourrait conditionner toute hausse des livraisons à un alignement sur les niveaux internationaux. Des ajustements compris entre 15 et 20 % sont évoqués, dans un contexte où les cours européens dépassent les 70 dollars par MWh. Rien n’est acté, mais le sujet sera sur la table.

Parallèlement, le gaz naturel liquéfié gagne du terrain. L’Italie a réceptionné 47 cargaisons algériennes en 2025, contre 31 l’année précédente. Cette progression illustre une stratégie plus souple. Le GNL permet d’absorber les chocs, de compenser les variations. En clair, Rome cherche à diversifier sans rompre avec ses partenaires traditionnels.

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L’arrière-plan géopolitique joue aussi. Depuis la réduction des livraisons russes liée à la guerre en Ukraine, plusieurs pays européens réorganisent leurs priorités. La proximité géographique de l’Algérie devient un atout évident. Sur ce point, les discussions devraient dépasser le simple court terme.

Industrie, investissements et projets communs

Troisième volet : la coopération économique et industrielle. Les échanges commerciaux ont atteint 12,98 milliards d’euros en 2025. L’énergie domine largement, mais Rome souhaite élargir le champ. Les autorités italiennes envisagent notamment de soutenir davantage les investissements et d’encourager la présence d’entreprises dans plusieurs secteurs.

Le dossier automobile figure parmi les sujets attendus. Le groupe Stellantis, à travers la marque Fiat, développe déjà une implantation industrielle. L’agriculture apparaît également dans l’agenda, avec l’entreprise BF Spa engagée dans des projets de production de blé dur et de pâtes dans le sud du pays.

Un autre point pourrait émerger : la création d’une chambre de commerce italo-algérienne. L’idée circule depuis plusieurs mois. Elle viserait à structurer les échanges et à faciliter l’arrivée de nouvelles sociétés.

Une visite à forte dimension stratégique

Quatrième dossier, plus transversal : la redéfinition du partenariat global. L’Italie ne cherche pas seulement du gaz. Elle veut sécuriser une relation durable, dans un environnement énergétique instable. L’Algérie, de son côté, consolide son rôle de fournisseur fiable tout en diversifiant ses partenariats économiques.

Sur le plan diplomatique, la visite intervient à un moment particulier. Les marchés de l’énergie restent volatils. Les chaînes d’approvisionnement se réorganisent. Dans ce contexte, Alger devient un point d’ancrage pour plusieurs capitales européennes.

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Au final, quatre axes dominent : volumes de gaz, prix, diversification via le GNL, et coopération industrielle. Le reste dépendra du détail des discussions. Mais une chose est sûre : cette rencontre dépasse largement le cadre symbolique. Elle s’inscrit dans une recomposition plus large, où chaque décision compte… et où les marges de manœuvre restent étroites.

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