Usines automobiles fermées : Tebboune fixe un nouveau cap

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Usines automobiles

La relance des usines automobiles en Algérie passe par des règles strictes et un ancrage industriel durable © Unsplash - Algérie Zoom

Sur les dossiers des usines automobiles récupérées par la justice, l’État veut aller vite, mais surtout autrement. Fini, proclame-t-il, les chaînes qui tournent sans réelle production.

Le président Abdelmadjid Tebboune pose désormais des conditions claires pour relancer ces sites à l’arrêt depuis plusieurs années. Derrière les murs encore debout, il ne s’agit plus simplement de remettre en route des lignes. L’objectif affiché est plus exigeant : produire vraiment, localement, avec un minimum d’ancrage industriel.

Usines automobiles saisies, repartir de zéro… ou presque

Sur le terrain, le constat est connu des responsables. Les anciennes unités, associées autrefois à des marques comme Kia, Hyundai, Volkswagen ou encore Suzuki, ne constituaient pas une industrie au sens plein.

Des bâtiments, des équipements, parfois modernes. Mais pas de marques réellement engagées. Pas de chaîne de valeur complète non plus. Sur place, certains techniciens le disent sans détour : on assemblait, on ne fabriquait pas.

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Le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, l’a résumé dans sa réponse à la question écrite du député Tahar Ben Ali : ces installations fonctionnaient sans véritable adossement industriel. Autrement dit, un modèle fragile, dépendant de kits importés, sans transfert de savoir-faire.

Résultat : aujourd’hui, avant toute relance, des visites techniques s’enchaînent. Des équipes évaluent l’état réel des unités. Certaines pourront redémarrer rapidement. D’autres devront passer par une phase de remise à niveau, parfois lourde.

Partenariats sous conditions strictes

Mais le cœur de la stratégie se joue ailleurs. L’État ne veut plus avancer seul, ni avec n’importe qui.

Les autorités ciblent désormais des partenariats avec des groupes capables d’investir sur le long terme. Pas seulement installer une ligne de montage. Mais s’engager sur la production, la formation et l’intégration locale.

Dans ce schéma, des noms reviennent déjà. Le groupe Stellantis a pris de l’avance avec une activité en progression. D’autres, comme Opel ou encore Hyundai, explorent des scénarios d’expansion.

Rien n’est encore figé. Mais la règle est posée : chaque projet devra démontrer sa viabilité industrielle. Et surtout, sa capacité à créer de l’emploi. Direct, indirect… sur toute la chaîne.

Car derrière ces relances, il y a aussi une pression sociale. Dans certaines régions, ces usines représentaient une bouffée d’oxygène. Leur fermeture a laissé des traces, visibles encore aujourd’hui autour des zones industrielles.

Intégration locale : le vrai test

C’est probablement le point le plus surveillé. Et le plus difficile à atteindre.

Le gouvernement insiste sur l’implication des petites et moyennes entreprises. Sous-traitance, fabrication de pièces, logistique… tout un écosystème doit émerger autour des sites relancés.

L’idée n’est pas nouvelle. Mais cette fois, elle s’accompagne d’un calendrier. Progressif, mesurable. Avec un objectif clair : augmenter le taux d’intégration locale année après année.

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Sur le papier, cela suppose des investissements, mais aussi un changement de culture industrielle. Former, structurer, connecter les acteurs locaux… Le chantier est vaste.

Et pourtant, certains signaux existent déjà. Dans l’usine Fiat, la montée en cadence commence à se voir. Graduellement, mais concrètement.

Au final, la relance des usines automobiles en Algérie ne se résume plus à rouvrir des portails fermés. Il s’agit de reconstruire un modèle. Plus solide, plus ancré.

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