Montréal-Alger : Air Algérie face au défi des prix après le retrait d’Air Canada
Air Algérie seule sur Montréal-Alger cet été, entre forte demande et défi des prix - Algérie Zoom
La saison estivale 2026 s’annonce plus tendue sur la liaison Montréal-Alger, un axe particulièrement sensible pour la diaspora algérienne installée au Canada. En cause : la décision d’Air Canada de suspendre temporairement sa desserte directe vers Alger, laissant désormais Air Algérie seule sur cette route pendant l’été.
Cette annonce intervient dans un contexte international compliqué pour le transport aérien. La forte hausse du prix du kérosène, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, bouleverse les équilibres économiques des compagnies aériennes. Certaines lignes jugées moins rentables passent alors au second plan.
Pour les voyageurs, la question est simple : cette absence de concurrence peut-elle entraîner une nouvelle hausse des tarifs ?
Air Canada se retire, Air Algérie reste seule sur la ligne
Air Canada avait pourtant prévu de relancer sa liaison saisonnière directe entre Montréal et Alger dès le début du mois de juin, avec quatre vols par semaine. Les réservations étaient ouvertes, les sièges commercialisés, et la reprise semblait actée.
Mais entre-temps, le prix du carburant aérien a fortement grimpé. La compagnie canadienne explique que cette situation ne permet plus d’exploiter certaines dessertes dans des conditions économiquement viables. La ligne Alger-Montréal fait partie des rotations retirées de son programme pour l’été 2026.
Résultat : la suspension est confirmée jusqu’en 2027, et les passagers concernés devront être recontactés pour des solutions alternatives.
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Dans les faits, cela place Air Algérie en position exclusive sur cette destination très demandée entre juin et septembre. Une situation qui change forcément la donne, notamment sur les disponibilités et sur les prix.
En été, les billets entre l’Algérie et le Canada partent vite. Familles en vacances, visites familiales, retours au pays… la demande grimpe chaque année, souvent bien avant juillet.
La flambée du kérosène pèse déjà sur les billets
Le retrait d’Air Canada ne suffit pas à expliquer la pression tarifaire. Derrière, il y a surtout un facteur beaucoup plus lourd : le prix du kérosène, premier poste de dépense pour une compagnie aérienne.
Le PDG d’Air Algérie, Hamza Benhamouda, l’a rappelé récemment sur les ondes de la radio nationale. Selon lui, la tonne de carburant aérien est passée de 800 dollars en février à 1 700 dollars en mars.
L’écart est brutal.
Dans un secteur où les marges restent faibles – entre 3 et 6 % selon le responsable – absorber une telle hausse sans ajustement tarifaire devient presque impossible. Le dirigeant l’a reconnu clairement : lorsque le carburant double de prix, les billets finissent forcément par en ressentir les effets.
Autrement dit, même sans disparition d’un concurrent, les tarifs auraient déjà subi une pression importante.
Et pour les passagers, cela se traduit par une réalité bien concrète : voyager coûte plus cher.
Une ligne stratégique pour Air Algérie cet été
Pour Air Algérie, cette situation représente aussi une opportunité d’exploitation importante. La ligne Montréal-Alger reste l’une des dessertes les plus rentables durant la haute saison, avec un taux de remplissage généralement élevé.
La compagnie nationale peut donc renforcer sa présence sur cet axe et mieux rentabiliser ses gros-porteurs, notamment les Airbus A330-900neo, dont un appareil est déjà utilisé sur cette destination intercontinentale.
Reste une inconnue : la capacité disponible.
Si Air Algérie augmente le nombre de sièges proposés, elle pourrait limiter en partie la tension sur les prix. Si l’offre reste stable face à une demande forte, les tarifs risquent de rester élevés, voire de progresser davantage à l’approche de l’été.
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Sur le terrain, beaucoup de voyageurs surveillent déjà les plateformes de réservation presque chaque jour. Le moindre changement se remarque vite.
Cet été, sur la route Montréal-Alger, le ciel sera un peu plus étroit. Et forcément, cela se voit aussi sur le prix du billet.
