Visas : l’Espagne arrête son vice-consul en Algérie et un Algérien pour trafic

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Espagne trafic visas

Espagne et Algérie au cœur d’une enquête anticorruption sur un trafic de visas impliquant un vice-consul © Unsplash - Algérie Zoom

La justice espagnole a ordonné l’arrestation du vice-consul d’Espagne à Alger, Vicente Moreno, dans le cadre d’une enquête sur un présumé trafic de visas au sein de la représentation diplomatique espagnole en Algérie. Un collaborateur algérien travaillant avec lui a également été interpellé sur le territoire espagnol.

Selon les informations publiées par THE OBJECTIVE, l’affaire porte sur un système soupçonné d’avoir facilité l’obtention de visas contre paiement, avec des opérations de transfert d’argent et d’acquisition de biens en Espagne.

C’est tribunal central d’instruction numéro 3 de l’Audiencia Nacional qui suit le dossier, sous l’autorité de la magistrate María Tardón. L’opération, baptisée Jazira-Cova, a été menée avec l’appui du parquet anticorruption espagnol.

Trafic de visas pour l’Espagne : une enquête sur une organisation présumée au consulat d’Alger

D’après la même source médiatique, les enquêteurs de l’UDEF, appuyés par d’autres services spécialisés de la police nationale espagnole, considèrent les deux hommes arrêtés comme les principaux responsables d’une structure organisée autour de la délivrance irrégulière de visas.

Le collaborateur local arrêté serait Mohamed Boutouchent, selon des sources diplomatiques citées par le média espagnol. Une troisième personne liée au consulat, présentée comme l’épouse de Vicente Moreno et de nationalité algérienne, fait aussi l’objet d’une mise en cause judiciaire, mais ne faisant pas l’objet d’une arrestation à ce stade.

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Les deux suspects restaient en garde à vue samedi, dans l’attente de leur présentation devant la justice.

Les services de sécurité ont mené des perquisitions à Sagunto, dans la région de Valence, ainsi qu’à Torrevieja, à Alicante. Les policiers ont saisi 10 890 euros en liquide, plusieurs téléphones portables, deux ordinateurs et 17 clés USB. Les autorités judiciaires ont également demandé le gel d’un bien immobilier situé à Madrid ainsi que de produits financiers.

Des soupçons déjà anciens sur la gestion des visas

Le consulat général d’Espagne à Alger faisait déjà l’objet d’une attention particulière du ministère espagnol des Affaires étrangères depuis plusieurs mois pour des suspicions liées à un trafic de visas.

Le quotidien numérique rappelle que des signatures jugées irrégulières sur plusieurs documents administratifs avaient attiré l’attention. En mars, le média avait révélé l’existence de courriels internes montrant que Vicente Moreno avait validé un document officiel au nom de la consule en 2022, avant de refuser des démarches similaires à d’autres agents.

En novembre déjà, il avait vu son nom cité dans des dossiers liés à des refus de visas considérés comme inhabituels, certains documents portant des signatures au nom d’une consule qui n’occupait plus ses fonctions.

Une décision datée du 21 septembre avait notamment soulevé des questions : Moreno aurait signé au nom de l’ancienne consule Miriam de Andrés sans mention de délégation officielle, ce qui constituait une irrégularité administrative.

Inspection interne et malaise chez des entreprises espagnoles

Le ministère espagnol des Affaires étrangères a confirmé avoir reçu l’information des arrestations et a indiqué qu’une inspection interne était en cours.

Parallèlement, plusieurs entrepreneurs espagnols avaient adressé des protestations à Madrid, dénonçant des refus répétés de visas de travail pour des ressortissants algériens. Ils estimaient que ces blocages compliquaient les relations économiques entre les deux pays.

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Le consulat d’Oran s’était retrouvé lui aussi cité dans une polémique comparable.

Pour l’heure, l’enquête se poursuit en Espagne, avec la conservation des dossiers administratifs et des échanges électroniques liés à la délivrance des visas concernés, toujours selon THE OBJECTIVE.

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