Alger : deux ans de prison requis après la publication des photos de son ex
À Alger, un ex‑fiancé poursuivi pour avoir publié les photos de son ex sur Facebook © Unsplash - Algérie Zoom
Une affaire liée à l’usage des réseaux sociaux s’est retrouvée devant le tribunal correctionnel de Bir Mourad Raïs. Au centre du dossier, un quadragénaire d’Alger accusé d’avoir créé une page sur Facebook au nom de son ex-fiancée : plusieurs photos personnelles y ont été publiées. Elles ont ensuite circulé rapidement, selon les éléments examinés à l’audience.
Tout est parti d’un signalement. La victime a découvert l’existence d’un compte utilisant son identité et diffusant ses clichés. Elle a saisi les services de sécurité. L’enquête, menée dans la foulée, a permis d’identifier l’auteur présumé. Ce dernier ne s’est toutefois pas présenté devant le tribunal lors de l’examen de l’affaire. Sur le banc des parties civiles, la plaignante, elle, était bien là.
Une séparation qui tourne au conflit
Les faits remontent à une rupture entre les deux protagonistes. D’après les déclarations faites à l’audience, l’homme n’aurait pas accepté la fin des fiançailles. La situation se tend. Puis la page apparaît. Les photos sont mises en ligne. Et, dans le même mouvement, le numéro de téléphone de la victime aurait été partagé.
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Rapidement, des appels provenant d’inconnus se multiplient. L’ambiance devient alors pesante. La plaignante évoque une atteinte à sa vie privée et un climat de pression. Elle estime que la diffusion des images a touché son entourage familial. Devant le tribunal, elle réclame quatre millions de dinars de dommages et intérêts, estimant le préjudice important.
Le parquet requiert de la prison
Au cours de l’audience, le ministère public a requis deux ans de prison ferme, assortis d’une amende de 100 000 dinars. Le dossier a ensuite été mis en délibéré. La décision doit être rendue le 1er avril prochain.
L’affaire de partage de photos par un ex-fiancé mécontent de la séparation, jugée à Alger et rapportée par le quotidien arabophone Ennahar, illustre la montée des litiges liés à l’utilisation des réseaux sociaux dans des différends privés. Une publication, parfois faite sous le coup de la colère, peut donc vite basculer dans le pénal.
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Dans la salle d’audience, l’atmosphère est restée sobre. Peu d’échanges, beaucoup de faits. Le verdict attendu dira si les éléments réunis suffisent à caractériser l’infraction et à confirmer les réquisitions. D’ici là, le dossier reste ouvert… et la décision très attendue.
