Algérie – France : Bruno Retailleau menace de bloquer les visas pour les Algériens

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Dans le cadre de l’affaire Boualem Sansal qui, à côté d’autres questions plus ou moins graves, envenime les relations entre l’Algérie et la France, le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a agité l’étendard de la suspension des visas pour les Algériens.

Dans l’émission « Face à Face » diffusée sur à la fois BFM TV et RMC, et en abordant la réaction que la France devrait adopter selon lui en réponse à la détention en Algérie, depuis un mois maintenant, de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, Bruno Retailleau s’est exprimé sur la délivrance des visas aux Algériens.

Apolline de Malherbe a soulevé que l’avocat français de Sansal n’a pas réussi à obtenir le visa d’entrée en Algérie, avant de poser l’interrogation si les Français devaient continuer à délivrer des visas et poursuivre, sans faire d’histoires, leurs relations avec Alger.

Pour répondre à la question de la journaliste, le premier flic de France, Bruno Retailleau, s’est immédiatement présenté comme un « partisan de la fermeté », notamment dans la politique des visas, envers tous les pays, y compris l’Algérie, en se basant, dit-il, sur « le principe de réciprocité ».

Le ministre français de l’Intérieur a semblé personnellement affecté par l’arrestation de Boualem Sansal, en racontant que durant les jours qui ont précédé le départ du romancier pour l’Algérie, ils échangeaient tous les deux dans l’objectif d’organiser un dîner ou un déjeuner.

Selon Bruno Retailleau, dans le dossier de Sansal et pour obtenir la libération de l’écrivain et son retour en France, le gouvernement français fait tout ce qu’il y a en son pouvoir, sans faire trop de bruit. Pour le responsable, la discrétion dans ce type d’affaires est primordiale.

Retailleau se dit « partisan du blocage »

« Ou les pays coopèrent avec nous, et alors on peut octroyer les visas, mais quand il n’y a pas coopération, moi je suis partisan d’un blocage », lance Retailleau qui veut que la France utilise la carte des visas comme monnaie d’échange avec l’Algérie.

Par ailleurs, le ministre français de l’Intérieur ne rate pas l’occasion de tirer à boulets rouges sur l’Accord franco-algérien de décembre 1968, qu’il qualifie de « beaucoup trop dérogatoire ».

Parlant de ce texte encadrant l’immigration des Algériens à l’Hexagone, Retailleau dit que cet accord qui « pouvait correspondre à ce moment-là, du temps du général de Gaulle, ne correspond plus aujourd’hui à rien du tout ».

Après avoir soutenu que seule la réciprocité permettrait à l’Algérie et à la France de travailler dans le sens de la stabilisation de leurs relations, Retailleau affiche son souhait de voir Boualem Sansal « revenir très rapidement ».

« Mais si tel n’était pas le cas, je pense que la France serait en mesure de déployer un certain nombre de mesures », ajoute-il en guise de menace claire.

On peut également déduire facilement, à partir de cette réponse, que le dossier des visas accordés aux demandeurs en Algérie ne peut échapper aux éventuelles dispositions dont parle le ministre français.

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