Crise France – Algérie : l’Union européenne freine Retailleau

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Estimant que l’Algérie cherche à humilier la France, Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, braque des armes diplomatiques et économiques qui se révèlent à court de munitions.

Après le renvoi par l’Algérie de l’influenceur Doualemn expulsé de France, Bruno Retailleau monte d’un cran en dénonçant un acte d’humiliation impardonnable. Par conséquent, il veut en découdre avec Alger.

Les tendances à la confrontation animant le premier flic de France se heurtent tout de même à un mur aussi haut que solide, et qui s’appelle l’Union européenne.

Pour mener à bien sa campagne contre l’Algérie, Retailleau choisit pour la France trois moyens de pression qu’il juge efficaces. 

Mais après l’enthousiasme vint la déception. Le responsable tombe nez-à-nez avec des difficultés majeures d’actionner le moindre dispositif. 

Réduire les visas : le gouvernement français divisé 

Il faut savoir que le levier de pression favori du ministre français de l’Intérieur est le dossier des visas. 

Son plan est simple : réduire le quota délivré aux Algériens pour le rapprocher de celui des laissez-passer consulaires accordés par l’Algérie. 

Cependant, le ministère français des Affaires étrangères semble en désaccord total avec l’Intérieur sur ce point. 

Des sources internes au Quai d’Orsay ont en effet indiqué à Europe 1 que la baisse du nombre de visas pour faire pression ne peut apporter des résultats probants.

Les mêmes parties estiment que si l’on souhaitait utiliser la circulation des personnes comme moyen de pression, pour une réelle efficacité, il faudrait agir à l’échelle de l’Union européenne.

Ce point de vue est totalement compréhensible, vu que tous les pays de l’UE permettent de s’introduire dans l’espace Schengen. 

En conséquence, toute restriction nationale est potentiellement obsolète si elle n’est pas perpétuée au niveau européen.

Les tarifs douaniers, une autre affaire européenne

Le deuxième étendard levé par Bruno Retailleau dans le cadre des tensions entre l’Algérie et la France est celui des droits de douane.

Celles-ci incluent des tarifs préférentiels de -40 % à -100 % pour les produits agricoles en provenance d’Algérie.

Toutefois, il est impossible aux Français de changer seuls quoique ce soit à ce niveau-là, sans embarquer l’Union européenne dans son ensemble. 

La définition des règles douanières se fait par l’UE et leur validité qui la concerne en tant qu’entité s’entend à tous les pays membres. Là encore, l’Union européenne pose un sérieux obstacle à Retailleau.

L’aide publique au développement, un pistolet à eau ?

Le troisième et dernier atout de la France face à l’Algérie, selon Bruno Retailleau, est l’annulation de l’aide publique française au développement accordée à l’Algérie.

Bien qu’elle ne dépende pas de l’Union européenne, l’efficacité et la faisabilité de cette mesure est largement discutable. 

Comme l’explique France Info, le gouvernement français a par exemple fourni à l’Algérie 132 millions d’euros en 2022. Ce n’est pas énorme comme somme ! En plus, 90 % atterrissent dans les trésoreries des universités et des écoles supérieures françaises pour leur permettre d’accueillir des étudiants algériens.

Les 10 % restants financent entre autres les activités d’organisations non gouvernementales (ONG) françaises en Algérie. Le gouvernement algérien ne perçoit alors quasiment rien de cette aide dont la majorité écrasante représente, rappelons-le, des frais d’écolage.

En gros, supprimer l’aide publique au développement revient à ne plus délivrer de visas d’études, ce qui est très peu envisageable.

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