États-Unis : plainte contre le gel des visas pour Algériens
Des familles dénoncent la suspension des visas américains, une décision désormais portée devant la justice fédérale © Unsplash - Algérie Zoom
Une action en justice a été engagée mardi à Washington contre le département d’État américain. En ligne de mire : la décision de l’administration de Donald Trump de suspendre le traitement des visas d’immigration aux États-Unis pour les ressortissants de 75 pays, dont l’Algérie. Une mesure lourde, aux effets très concrets, désormais contestée devant les tribunaux.
Sur le papier, la justification est connue. Depuis janvier, les autorités américaines ont gelé les demandes de visas long séjour en estimant que certains candidats pourraient, une fois sur le sol américain, dépendre des aides sociales fédérales. En clair : un soupçon généralisé, appliqué par nationalité. Et assumé.
Mais sur le terrain, les conséquences sont immédiates. Des familles séparées. Des dossiers bloqués sans explication formelle. Et, pour les Algériens concernés, une attente qui s’étire, sans horizon précis.
Une décision contestée sur le fond et la forme
La plainte, un document de 107 pages, affirme que l’administration Trump a franchi plusieurs lignes rouges. Elle évoque des violations de la loi sur la procédure administrative et des atteintes aux garanties constitutionnelles, notamment le droit à une procédure régulière et à l’égalité de traitement.
Selon les plaignants, le département d’État aurait instauré, par simple note interne non publiée, une interdiction générale fondée sur la nationalité. Près de la moitié des demandeurs de visas d’immigration seraient ainsi concernés. Difficile, dans ces conditions, de parler d’ajustement technique.
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Le journal The Hill rapporte que cette politique repose sur une affirmation jugée infondée : celle selon laquelle les migrants issus de ces pays viendraient principalement aux États-Unis pour bénéficier indûment des aides publiques. Une accusation balayée par les requérants, chiffres et exemples à l’appui.
Des familles américaines directement touchées
Autre point sensible : le profil des plaignants. Il ne s’agit pas uniquement de migrants potentiels. Des citoyens américains, cherchant à faire venir légalement leurs proches, figurent également parmi les parties civiles, aux côtés d’agences de réinstallation.
Pour eux, le gel des visas long séjour ne relève pas d’un débat abstrait sur l’immigration. C’est une réalité quotidienne. Des projets de vie suspendus. Et un sentiment d’arbitraire qui s’installe.
Vias, santé, finances… et soupçon permanent aux États-Unis
La plainte rappelle enfin que cette politique s’inscrit dans une dynamique plus large. Dès novembre dernier, les agents consulaires avaient reçu instruction de refuser des visas à des personnes souffrant de certaines pathologies – maladies cardiaques, troubles respiratoires, diabète – si un risque de dépendance à l’aide publique était estimé.
Officiellement, l’objectif est d’éviter de « drainer la richesse » du peuple américain. Mais pour les avocats des plaignants, le problème est ailleurs. Une décision aussi structurante, disent-ils, ne pouvait pas être appliquée sans débat public ni cadre légal clair.
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La bataille judiciaire ne fait que commencer. Et pour des milliers d’Algériens concernés par le gel des visas long séjour aux États-Unis, l’issue reste, pour l’instant, suspendue.
