Exportations France-Algérie : le RN cible les certificats halal
Le RN relance la polémique sur la certification halal dans les exportations France-Algérie © Unsplash - Algérie Zoom
La question refait surface. Et elle touche un mécanisme central dans les échanges commerciaux entre la France et l’Algérie. Un député du Rassemblement national (RN) a interpellé le gouvernement français sur le rôle joué par la Grande Mosquée de Paris dans la délivrance des certificats halal exigés pour certaines exportations vers l’Algérie.
Datée du 31 mars 2026, la démarche émane du parlementaire Kévin Pfeffer. Elle s’inscrit dans une série de critiques portées par l’extrême droite française contre ce dispositif. Au cœur du débat : l’idée que cette certification constitue un passage obligé pour les entreprises souhaitant accéder au marché algérien.
Certificats halal : un mécanisme jugé incontournable pour exporter
Dans sa question écrite, le député évoque le rôle économique pris par la Grande Mosquée de Paris dans les exportations françaises vers l’Algérie. Plusieurs catégories de produits sont concernées : viandes, produits laitiers, biscuits ou encore aliments destinés aux enfants.
Selon l’élu du parti connu pour ses positions hostiles à l’Algérie, l’obtention d’un certificat halal délivré par cette institution serait indispensable pour ces marchandises. Résultat, les entreprises françaises devraient se conformer à cette procédure pour commercialiser leurs produits sur le marché algérien.
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Le parlementaire met aussi en avant l’impact financier du dispositif. Il évoque des revenus annuels de plusieurs millions d’euros liés à l’activité de délivrance de certificats halal. La question de la transparence financière est ainsi soulevée, tout comme l’organisation interne de l’organisme chargé de délivrer ces documents, juridiquement distinct mais dirigé par le recteur de la mosquée.
Sur le terrain économique, la critique s’appuie sur un argument plus large : ce système serait comparable, selon lui, à un prélèvement spécifique appliqué aux entreprises françaises. Une lecture contestée, mais qui alimente les interrogations au sein de certaines formations politiques françaises.
Un débat lié aux règles commerciales européennes
Le député mentionne également l’intervention de l’Union européenne. Depuis 2024, certaines instances européennes auraient signalé que cette procédure pourrait être perçue comme un obstacle aux échanges commerciaux entre l’Union et l’Algérie.
Autre point soulevé : l’absence, selon lui, d’évaluation juridique complète sur la conformité du dispositif avec les règles de concurrence européennes. La destination des fonds collectés et l’existence d’un contrôle financier effectif figurent parmi les éléments demandés au gouvernement français.
Dans cette démarche, l’élu insiste sur le rôle stratégique de la certification halal dans les relations économiques bilatérales. La question dépasse ainsi le seul cadre religieux pour toucher directement aux flux commerciaux.
Une polémique déjà ancienne
Ce n’est pas une première. Des responsables du parti dirigé par Marine Le Pen avaient déjà abordé le sujet au début de l’année lors d’échanges à l’Assemblée nationale. Le mécanisme de certification halal avait alors été évoqué dans le contexte des exportations européennes vers l’Algérie.
Cette controverse remonte en réalité à la décision prise par les autorités algériennes en 2022 de confier la délivrance de ces certificats à la Grande Mosquée de Paris pour certains produits. Depuis, la question revient régulièrement dans le débat politique français.
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Derrière la polémique, un constat demeure : la certification halal occupe désormais une place structurante dans une partie des échanges commerciaux France-Algérie. Et, à mesure que ces flux se développent, le sujet continue d’alimenter discussions politiques et interrogations économiques.
