Fatma : Sara Berretima attaque en justice la série de Djaffar Gacem

0
Série Fatma

Sara Berretima saisit la justice pour plagiat contre la série Fatma de Djaffar Gacem - Algérie Zoom

La série historique Fatma, réalisée par Djaffar Gacem, se retrouve au centre d’un différend judiciaire inattendu. À quelques jours d’un nouvel épisode, la scénariste algérienne Sara Berretima a saisi la justice afin de demander la suspension immédiate de la diffusion de l’œuvre.

La démarche a été introduite en référé devant le tribunal d’El Biar. Une procédure d’urgence, en clair, qui vise à obtenir une décision rapide du juge.

Selon les informations rendues publiques par la scénariste elle-même, la requête repose sur une accusation de plagiat. Elle estime que certains éléments narratifs de la série correspondent à un scénario qu’elle affirme avoir écrit et protégé plusieurs années auparavant.

L’affaire devrait être examinée dès dimanche.

Série Fatma : une procédure en urgence devant le tribunal d’El Biar

L’annonce est d’abord apparue sur les réseaux sociaux. Dans un message publié sur Instagram, Sara Berretima explique avoir déposé officiellement une action judiciaire pour défendre ce qu’elle considère comme son travail.

Dans sa requête, elle soutient que la série diffusée reprendrait des éléments issus d’un projet de scénario intitulé Fadhila Dziriya. Un texte qu’elle affirme avoir enregistré auprès de l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (ONDA).

La scénariste dit disposer de plusieurs preuves documentaires. Elle évoque notamment des échanges avec des sociétés de production : épisodes envoyés par courrier électronique, traitements narratifs, documents imprimés. Des éléments, selon elle, transmis entre 2018 et les années suivantes, alors que le projet était encore en développement.

À lire aussi | El Mouhadjir : un syndicat de santé dépose plainte contre la série

D’après ses déclarations, ces archives pourraient établir qu’une version du scénario circulait déjà dans le milieu audiovisuel.

Sur le terrain juridique, le tribunal pourrait décider de nommer des experts spécialisés. Leur mission serait simple en apparence : comparer les textes et déterminer si des similitudes dépassent le cadre d’une simple coïncidence narrative.

À ce stade, aucune décision n’a encore été rendue.

Un projet autour de la figure de Fadhila Dziriya

Dans ses prises de parole, Sara Berretima insiste aussi sur l’origine de son projet. Elle explique avoir travaillé pendant plusieurs années sur l’histoire liée à la chanteuse Fadhila Dziriya, figure marquante du patrimoine musical algérien.

Le scénario, affirme-t-elle, s’appuie sur des personnages inspirés de l’entourage réel de l’artiste. Elle cite notamment un personnage appelé Khadawj, présenté comme une parente de la chanteuse.

La scénariste ajoute disposer d’un accord signé avec la famille de Fadhila Dziriya en 2013, l’autorisant à écrire sur sa vie et sur son environnement artistique. Ce contrat, précise-t-elle, constitue pour elle un élément important dans la défense de ses droits.

Dans ses publications, Berretima évoque un travail de longue haleine : plusieurs années de recherches puis deux années consacrées à l’écriture du scénario.

Une série historique installée dans la Casbah

Pendant ce temps, la série Fatma poursuit sa diffusion sur la chaîne Samira TV. L’histoire se déroule dans les ruelles de la Casbah d’Alger, au milieu du XIXᵉ siècle, à l’époque de la présence coloniale.

Le récit suit une jeune violoniste, Fatma. Son parcours artistique se construit au contact de Zahra, chanteuse célèbre revenue d’exil. Entre musique, ambitions personnelles et contraintes sociales, les personnages évoluent dans une société traversée par des tensions entre traditions et désir de liberté.

Un autre personnage, Ali, symbolise ce tiraillement entre normes établies et aspirations individuelles.

Pour l’instant, la société de production de la série n’a publié aucune réaction officielle concernant les accusations formulées par la scénariste.

À lire aussi | L’ARAV sanctionne Echorouk TV et menace de suspension

La suite dépendra donc du tribunal. Si la justice estime que la demande mérite examen approfondi, l’expertise des scénarios pourrait devenir l’étape décisive.

Dans les milieux audiovisuels algériens, l’affaire commence déjà à faire parler. Les discussions tournent autour d’une question simple, mais lourde de conséquences : où commence réellement l’inspiration… et où s’arrête-t-elle ?

La réponse, elle, viendra désormais des juges.

About The Author

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *