Algérie : l’ARAV met en demeure Echorouk TV

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Echorouk TV

L’ARAV met en demeure Echorouk TV pour excès publicitaires, un avertissement officiel émanant de l'autorité chargée de réguler l'audiovisuel © Capture d'écran sur la série Erbaa - Algérie Zoom

En clair, le régulateur hausse le ton. L’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel (ARAV) a adressé un avertissement officiel à Echorouk TV, pointant des manquements répétés aux règles encadrant la publicité télévisée. Une décision qui intervient après plusieurs rappels restés sans effet, dans un contexte où la question de la qualité des programmes et du respect du téléspectateur revient régulièrement dans le débat public.

Difficile de ne pas y voir un signal clair envoyé à l’ensemble du paysage audiovisuel. Sur le terrain, ces rappels ne sont pas nouveaux, mais cette fois, le régulateur formalise.

Publicité télévisée : le rappel à l’ordre devient formel

Selon les éléments communiqués par l’ARAV, la chaîne privée a dépassé la durée légale autorisée pour les écrans publicitaires, en contradiction avec le cahier des charges général applicable aux services de communication audiovisuelle. Un cadre pourtant rappelé noir sur blanc début février 2026 à l’ensemble des diffuseurs.

Mais sur place, dans les grilles de programmes analysées, le constat est sans appel : les dépassements persistent, parfois accompagnés d’un recours jugé excessif au placement de produits au cœur même des émissions. Pour le régulateur, ces pratiques constituent une infraction caractérisée, portant atteinte à l’équilibre entre impératifs économiques et intérêt du public.

L’ARAV précise avoir accordé un délai suffisant aux chaînes concernées pour revoir leurs dispositifs commerciaux et techniques. La plupart se sont alignées. Pas toutes.

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Echorouk TV : 72 heures pour se conformer aux règles

Après convocations et auditions, Echorouk TV fait figure d’exception. Selon l’Autorité, la chaîne n’a pas donné suite aux exigences formulées, d’où l’envoi d’un avertissement officiel assorti d’un ultimatum clair : 72 heures pour se mettre en conformité.

Le cadre juridique est précis. Il s’appuie sur les articles 58 à 62 du décret exécutif n° 24-250, qui fixent les règles encadrant la publicité audiovisuelle, aussi bien en termes de durée que de pratiques commerciales autorisées. Pas de zone grise, insiste le régulateur.

Et pourtant, sur les écrans, le ressenti des téléspectateurs reste souvent le même : coupures longues, séquences hachées, émissions interrompues à répétition. Une réalité que l’ARAV dit vouloir corriger.

L’ARAV, un régulateur aux missions élargies

Créée dans sa forme actuelle par la loi n° 23-20 relative à l’activité audiovisuelle, l’ARAV se positionne comme garante du bon fonctionnement du secteur. Sa mission ne se limite pas à la publicité. Elle englobe le respect des lois, la protection des droits des professionnels, la promotion de la production nationale et la préservation des valeurs sociétales.

En cas de non-respect des délais impartis, le texte est clair : des sanctions graduées peuvent être appliquées, allant de l’amende financière à la suspension partielle ou totale des programmes concernés. Une palette d’outils que le régulateur dit manier avec prudence, mais sans hésitation lorsque les règles sont ignorées.

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Reste désormais à voir si la mise en demeure produira l’effet attendu. Dans les prochaines heures, tous les regards seront tournés vers la grille de la chaîne. Les téléspectateurs, eux, attendent surtout une chose : retrouver des programmes moins saturés, plus lisibles. Et, peut-être, un peu plus respirables.

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