Algérie : apparition d’une nouvelle espèce de poisson côtier
Confirmation scientifique d’Etrumeus golanii en Algérie, une nouvelle espèce suivie de près par les autorités - Algérie Zoom
Une information a circulé fin février sur les quais de plusieurs ports du centre et de l’est du pays. Des pêcheurs parlent d’un petit poisson pélagique inhabituel, débarqué en Algérie en quantité. Sur place, la curiosité est réelle, mais sans agitation excessive. Quelques jours plus tard, la confirmation tombe. Une nouvelle espèce bien été identifiée dans les eaux algériennes.
Selon la Chambre algérienne de la pêche et de l’aquaculture, il s’agit d’Etrumeus golanii, un poisson côtier proche de la sardine. Une apparition qui intrigue, mais qui, à ce stade, ne suscite ni alerte sanitaire ni inquiétude pour les pêcheries locales.
Identification scientifique du poisson côtier découvert en Algérie
L’identification n’a rien d’improvisé. Elle repose sur un travail scientifique conduit par le Centre national de recherche et de développement de la pêche et de l’aquaculture (CNRDPA). Photos, échantillons, comparaisons morphologiques… le protocole est classique, rigoureux. En clair, pas de doute sur l’espèce.

Les premières analyses sont plutôt rassurantes. Aucun impact négatif notable n’a été relevé, ni sur la santé publique ni sur l’équilibre immédiat des pêcheries. Dans l’est de la Méditerranée, ce poisson est déjà bien connu. Il y est même commercialisé, ce qui éclaire autrement son arrivée progressive sur les côtes algériennes.
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Dans les ports de Skikda et de Boumerdès, où les premiers débarquements ont été signalés, les professionnels observent. Sans précipitation. Difficile de ne pas y voir un phénomène suivi de près, mais traité avec méthode.
Un poisson voyageur, déjà observé au large de l’Algérie
Originaire de l’ouest de l’océan Indien, Etrumeus golanii n’est pas un inconnu des scientifiques. Il a rejoint la Méditerranée en passant par le canal de Suez, avant de s’étendre vers le sud du bassin. Sa capacité d’adaptation est souvent citée : variations de température, courants marins, reproduction étalée dans le temps.
En Algérie, la présence de ce poisson n’est d’ailleurs pas totalement nouvelle. Un premier signalement remonte à février 2017, au large de Cherchell, dans la wilaya de Tipaza. À l’époque, un banc avait été capturé par un navire spécialisé dans la pêche à la sardine, à une trentaine de mètres de profondeur. L’information était restée confidentielle, presque technique.
Aujourd’hui, l’espèce semble plus visible. Plus présente aussi. Un glissement progressif, sans rupture brutale.
Suivi scientifique et retombées possibles sur le marché
La Direction générale de la pêche et de l’aquaculture annonce la poursuite du travail de terrain. Collecte de données sur les débarquements, renforcement des campagnes d’échantillonnage, évaluation précise du stock. Objectif affiché : assurer un suivi scientifique continu, sans extrapolation hâtive.
En parallèle, la filière poursuit ses actions de proximité. À Alger, les points de vente directs de produits de la pêche et de l’aquaculture restent très fréquentés, notamment en ce mois de Ramadan. Tilapia rouge, daurade royale… des produits connus, à prix accessibles, proposés aussi via des camions mobiles dans plusieurs communes.
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Pour l’instant, Etrumeus golanii n’est pas encore sur les étals. Mais sa valeur commerciale observée ailleurs en Méditerranée alimente déjà certaines discussions. Sur les quais, on regarde la mer. Et on attend de voir comment cette nouvelle venue trouvera, ou non, sa place.
