Fatwas et intelligence artificielle : le ministre algérien met en garde

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Au Caire, où il participe au 10ᵉ Congrès mondial de l’Iftâ, le ministre algérien des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmehdi, a tenu à rappeler mardi que l’usage des nouvelles technologies à l’instar de l’intelligence artificielle dans l’émission de fatwas ne peut pas se faire sans règles claires.

La rencontre, organisée par la Dar al-Iftâ égyptienne et le Secrétariat général des Conseils et Instances de la Fatwa, a réuni des délégations venues de plus de soixante-dix pays. Parmi elles, des savants, des muftis, des ministres et des représentants diplomatiques. Cette année, le thème choisi – « Former le mufti avisé face aux évolutions technologiques » – colle parfaitement à l’actualité. Youcef Belmehdi s’est exprimé sur le croisement entre l’univers de l’intelligence artificielle (IA) d’une part et celui des fatwas de l’autre.

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Ainsi, lors de son intervention, le ministre a reconnu que les outils numériques ouvrent de nouvelles possibilités. Oui, ils peuvent faciliter le travail et rendre l’accès à l’information plus rapide. Mais il a aussitôt nuancé : ils amènent aussi leur lot de questions éthiques et juridiques, et pas des moindres.

Pour lui, aucune machine, aussi performante soit-elle, ne pourra remplacer l’analyse et le discernement d’un mufti expérimenté. Un mufti, a-t-il insisté ensuite, c’est quelqu’un qui sait manier l’ijtihad, comprendre l’esprit de la charia et tenir compte des réalités humaines, parfois très complexes.

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Il estime que, dans le contexte actuel, un bon mufti doit savoir garder un pied dans la tradition et l’autre dans la modernité. Et ce, sans perdre de vue les changements sociaux, culturels ainsi que technologiques qui se succèdent à une vitesse impressionnante.

Dr Belmehdi a également avancé quelques pistes concrètes : assurer un suivi constant par des savants reconnus, instaurer de la transparence dans les méthodes, respecter la diversité des écoles juridiques et, surtout, rappeler aux citoyens l’importance de se référer à des sources fiables.

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Les discussions du congrès se poursuivront pendant plusieurs jours. Objectif : adapter la fatwa aux réalités d’aujourd’hui, sans perdre de vue son rôle central dans l’accompagnement des sociétés, même en pleine révolution technologique.

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