France : la fortune de Mohamed Bedjaoui visée par la justice

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Mohamed Bedjaoui

La justice française enquête sur la fortune de Mohamed Bedjaoui, ex-président de la Cour internationale de justice - Algérie Zoom

Paris – Le Parquet national financier (PNF) s’intéresse de près au patrimoine de Mohamed Bedjaoui, ancien ministre algérien de la Justice et ex-président de la Cour internationale de justice (CIJ). Selon les révélations du Journal du Dimanche, plusieurs signalements déposés par le député Philippe Latombe (MoDem) mettent en lumière des soupçons de blanchiment d’argent et de fraude fiscale.

Un patrimoine jugé disproportionné
Mohamed Bedjaoui, qui percevait en tant que juge international un salaire estimé à environ 15 000 euros par mois, aurait accumulé une fortune évaluée à plusieurs dizaines de millions d’euros. Les acquisitions immobilières de sa famille en région parisienne, estimées à plus de 7 millions d’euros, les enquêteurs les considèrent comme « suspectes », car elles apparaissent décorrélées des revenus officiels d’un magistrat international, indique le JDD.

Mohamed Bedjaoui : des signalements successifs

Le député Latombe a transmis en 2023 deux premiers signalements au PNF, dénonçant de possibles malversations liées à Béjaoui. Ces documents ont été versés à une information judiciaire ouverte pour corruption, trafic d’influence et blanchiment. L’été dernier, le parquet a reçu un troisième signalement, portant cette fois sur les soupçons de fraude fiscale et sur l’origine des fonds ayant permis la constitution du patrimoine immobilier.

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Pour comprendre l’origine des soupçons, il faut remonter au début des années 2000. À l’époque, la CIJ avait rendu un arrêt favorable au Qatar dans un litige frontalier avec Bahreïn concernant l’accès à un champ gazier stratégique. Cette décision avait été jugée controversée par plusieurs observateurs, certains évoquant des irrégularités dans la procédure. Des juges internationaux, dont Stephen Schwebel, successeur de Bedjaoui à la tête de la CIJ, ont plus tard dénoncé un climat de corruption et la présence de faux documents dans ce dossier.

Le rôle du PNF

Aujourd’hui, le PNF analyse les nouveaux éléments transmis par le député français. L’enquête vise à déterminer si les biens immobiliers et les fonds détenus par Béjaoui et sa famille proviennent de pratiques illicites. Le juge Serge Tournaire, connu pour avoir instruit plusieurs affaires financières sensibles, supervise une partie de l’information judiciaire.

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Enfin, la justice française cherche à établir si la fortune de Mohamed Bedjaoui est le fruit de pratiques frauduleuses ou d’investissements légitimes. Le dossier, encore en cours d’analyse, pourrait déboucher sur des suites judiciaires lourdes pour l’ancien président de la CIJ.

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