France : les Algériens influencent les décisions de l’État et de la justice ?
Selon certaines parties en France, les autorités craignent une potentielle révolte des Algériens.
Dans beaucoup d’affaires brûlantes en France, en lien de près ou de loin avec l’Algérie, des voix prétendent que la prise en compte des Algériens présents sur le sol français finit toujours par peser dans la balance de façon déterminante.
Sans compter les ressortissants algériens installés clandestinement, les résidents réguliers et les binationaux représentent, à eux seuls, la plus grande communauté de France d’origine extra-européenne.
Selon certains avis, ce nombre préoccuperait l’élite dirigeante du pays, qui craindrait des débordements en cas d’une prise de décision majeure allant à l’encontre des intérêts ou de la volonté des Algériens de France.
Nous n’avons pas une réponse précise sur le poids que la communauté algérienne vivant à l’Hexagone et sa descendance pourrait exercer sur les centres de pouvoir français, mais il est clair que beaucoup continuent d’identifier cette diaspora comme « influente » par son volume et sa « susceptibilité ».
Pour illustrer ce propos, nous avons deux exemples tirés de l’actualité. Il s’agit de deux dossiers chauds, l’un politique et l’autre juridique.
Accord de 1968
Le premier porte sur l’ultimatum donné à l’Algérie par le Premier ministre François Bayrou, concernant une révision commune de l’accord franco-algérien de 1968 sur l’immigration, sous peine d’une dénonciation unilatérale de l’accord par la France s’il n’y a pas de réponse algérienne au bout de cinq à six semaines.
En revanche, lundi, le président français Emmanuel Macron a recadré Bayrou, en rappelant que la décision lui appartient en tant que chef de l’État, avant d’exprimer son opposition franche vis-à-vis de la dénonciation de l’accord de décembre 1968.
Dans l’un de ses articles, Le Figaro dit avoir entendu d’un proche du cercle présidentiel que l’Élysée s’est positionné contre la dénonciation, car il se préoccupe de la réaction des Algériens de France si le pays était amené à dénoncer seul l’accord, en sachant que l’impact sur la communauté algérienne serait palpable.
Mort de Nahel
L’autre exemple que l’actu nous offre en ce moment au sujet de la prétendue crainte qu’auraient les responsables en France d’un soulèvement des ressortissants algériens et des binationaux se rattache à l’affaire de la mort du jeune Nahel, tué d’un tir de balle d’un policier.
Dans un rebondissement survenu mardi, le parquet de Nanterre a requis un procès pour meurtre contre le policier Florian M, jugeant que l’usage de son arme à feu contre l’adolescent de 17 ans n’était pas indispensable. Selon le procureur, il aurait dû tirer sur les pneus.
Plaidant l’impossibilité technique d’arrêter la voiture par ce procédé, l’avocat du mis en cause estime, à l’écran de la chaîne RMC, qu’il s’agit d’une « décision politique pour ne pas que les banlieues flambent ».
Alors, les Algériens forcent-ils vraiment, par leur nombre, les dirigeants politiques de la France ainsi que son système judiciaire à mesurer chacun de leurs pas, au millimètre près, pour ne pas les froisser ? C’est de toute manière ce que défendent certains avis français. La question demeure suspendue.
