Hantavirus : l’Algérie renforce les contrôles avant les voyages d’été

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Hantavirus Algérie

L’Algérie renforce la surveillance sanitaire avant les grands départs estivaux de la diaspora © APS - Algérie Zoom

L’apparition de plusieurs cas de hantavirus en Europe intervient à un moment sensible pour les déplacements vers l’Algérie. À quelques semaines de l’Aïd El Adha puis des vacances d’été 2026, les flux de voyageurs commencent déjà à augmenter entre l’Europe et l’Algérie, notamment depuis la France où réside une importante diaspora algérienne.

Chaque année, cette période marque le retour massif des familles établies à l’étranger. Réservations de billets, traversées maritimes, vols supplémentaires, ports et aéroports saturés : la mobilité devient particulièrement dense entre mai et août. Dans ce contexte, les autorités sanitaires algériennes ont décidé d’anticiper après l’apparition de cas liés au hantavirus sur le navire d’expédition « MV Hondius ».

Même si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) écarte pour l’instant un scénario comparable au Covid-19, Alger a choisi de renforcer les dispositifs de surveillance aux frontières et dans les établissements de santé.

Des cas détectés en France et en Espagne

L’alerte sanitaire est partie du bateau de croisière « MV Hondius », qui avait quitté le sud de l’Argentine avant de traverser plusieurs zones isolées de l’Atlantique Sud. Plusieurs passagers ont ensuite présenté des symptômes suspects.

En France, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a confirmé le premier cas positif parmi les ressortissants rapatriés. Une femme faisant partie des cinq passagers français placés en quarantaine à Paris a été testée positive au hantavirus. Les autorités sanitaires françaises surveillent également 22 cas contacts.

En Espagne aussi, les autorités ont signalé un cas parmi les passagers du navire, y compris chez une personne asymptomatique. Selon l’OMS, le risque mondial reste toutefois considéré comme faible à ce stade.

Les cas annoncés ont toutefois provoqué des réactions sur les réseaux sociaux, notamment chez des membres de la diaspora algérienne qui craignent de possibles complications pour les voyages estivaux vers l’Algérie.

Le hantavirus, un virus transmis par les rongeurs

Le hantavirus appartient à une famille de virus rares transmis principalement par les rongeurs. La contamination humaine se produit généralement par inhalation de particules contaminées présentes dans les excréments, l’urine ou la salive des rats et souris.

Les spécialistes rappellent que ce virus peut provoquer des formes sévères touchant les poumons ou les reins. Les symptômes apparaissent souvent entre une et cinq semaines après l’exposition. Fièvre brutale, douleurs musculaires, maux de tête, troubles digestifs, toux ou difficultés respiratoires figurent parmi les principaux signes cliniques observés.

Le Croissant-Rouge algérien a d’ailleurs appelé à renforcer les réflexes de prévention sanitaire, en recommandant notamment l’élimination des déchets, le nettoyage des zones insalubres et l’évitement des contacts avec les rongeurs.

Ports, aéroports : les premières mesures prises en Algérie contre le hantavirus

Face à cette situation, le ministère algérien de la Santé a adressé une note aux structures hospitalières et aux walis afin de mettre en place un dispositif de préparation et d’alerte.

Dans ce document, les autorités considèrent que le risque lié au hantavirus demeure « faible » pour l’Algérie, en soulignant qu’« aucun lien épidémiologique direct n’a été identifié » et que la transmission entre humains du virus Andes reste rare.

Le ministère estime néanmoins qu’une « vigilance renforcée » reste nécessaire en raison de « la mobilité internationale » et de la longue période d’incubation du virus, qui peut atteindre six semaines.

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Aux frontières, plusieurs consignes ont été diffusées aux ports, aéroports et postes terrestres. Les services concernés doivent notamment « vérifier la disponibilité des équipements de protection individuelle », des solutions hydroalcooliques et des thermomètres de contrôle.

La note demande également « d’aménager un espace permettant l’isolement temporaire d’un voyageur symptomatique » et « d’identifier la personne responsable du transfert » d’un éventuel cas suspect vers un établissement de référence.

Les autorités sanitaires ont aussi insisté sur la nécessité « d’informer ainsi que de sensibiliser l’ensemble du personnel au sol » sur les procédures de détection et de notification.

Un scénario loin des restrictions du Covid-19

Malgré ces mesures, les spécialistes restent prudents quant aux comparaisons avec la pandémie de coronavirus.

Le virologue algérien Mohamed Melhag a récemment expliqué que le hantavirus ne présente pas les mêmes caractéristiques que le Covid-19. Contrairement au coronavirus, sa transmission interhumaine reste limitée et nécessite des contacts étroits et prolongés.

L’OMS considère également que le potentiel de propagation mondiale demeure faible. Aucun pays n’évoque un projet de fermeture des frontières ou de suspension des vols, ni en Europe ni en Algérie. Cela semble totalement improbable.

Un certain niveau de vigilance s’impose tout de même. L’Algérie engage d’ailleurs une stratégie de prévention ciblée contre le hantavirus.

Les hôpitaux appelés à réactiver leurs dispositifs sanitaires

Le ministère de la Santé a aussi détaillé plusieurs mesures destinées aux structures hospitalières.

Les établissements doivent d’abord vérifier que les anciens dispositifs d’accueil mis en place lors des précédentes alertes sanitaires peuvent « être réactivés et opérationnels à tout moment ».

Les services de triage devront désormais intégrer « une question systématique sur les voyages, contacts et expositions à risque au cours des 42 jours précédant les symptômes ».

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La note prévoit aussi de « contrôler la disponibilité des équipements de protection individuelle » ainsi que des solutions hydroalcooliques dans les structures de santé.

Enfin, les autorités demandent « de s’assurer de la mise en œuvre des protocoles d’isolement et de traitement adaptés aux cas suspects de hantavirus ».

Parallèlement, le ministère insiste sur le renforcement des campagnes de dératisation et des actions de sensibilisation autour des maladies transmises par les rongeurs.

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