La Grande Mosquée s’apprête à fêter Yennayer 2976
La Grande Mosquée de Paris s’apprête à célébrer Yennayer 2976 lors d’un événement inédit - Algérie Zoom
En France, la Grande Mosquée de Paris s’apprête à célébrer pour la première fois Yennayer, le Nouvel An amazigh 2976.
Pour la première fois, la Grande Mosquée de Paris s’ouvre pleinement à Yennayer, le Nouvel An amazigh 2976. L’institution religieuse a annoncé la nouvelle dans un communiqué publié sur son site officiel. Les 17 et 18 janvier prochains, l’institution accueillera donc une initiative culturelle originale, pensée comme un pont entre spiritualité, mémoire et création artistique berbère.
Dans le détail, la Grande Mosquée de Paris accueillera l’événement « Yennayer’Art », au cœur du 5ᵉ arrondissement. De 10h à 18h, la salle Émir Abdelkader deviendra un espace d’expression amazighe, ouvert aux familles, aux curieux et à la diaspora nord-africaine.
L’institution assume le choix. Elle souhaite rappeler que Yennayer ne se résume pas à un couscous partagé ou à une table généreuse. Derrière la fête, il y a une histoire, des symboles, une transmission. Et surtout, une culture toujours vivante.
Une programmation artistique pensée autrement
Au centre de cette initiative, l’artiste algérien Hamsi Boubeker, originaire de Kabylie. Peintre, illustrateur, graphiste, il guidera les visiteurs à travers un parcours qu’il décrit comme sensible et poétique. Pas de folklore figé. Des œuvres qui parlent, parfois doucement, parfois frontalement.
Peinture, graphisme, littérature visuelle. Chaque support raconte une part de la culture amazighe, de ses racines anciennes à ses résonances actuelles. Sur place, certains visiteurs découvrent des motifs qu’ils ont vus toute leur enfance sans jamais en comprendre le sens. D’autres tombent dessus pour la première fois.
Cinq espaces pour explorer l’univers amazigh
La manifestation s’organise autour de cinq espaces thématiques, pensés comme autant de portes d’entrée.
Le premier s’attarde sur Yennayer et la terre, avec des scènes culinaires et agricoles issues de la collection La Terre est mon village. Une manière simple de rappeler le lien profond entre calendrier amazigh et cycles naturels.
Un second espace plonge dans l’esthétique berbère. Motifs anciens, symboles millénaires, formes géométriques. Ici, rien n’est décoratif au hasard.
Les enfants trouvent aussi leur place. Contes illustrés, narration de Le citronnier du roi et le coffre de la reine, diffusion continue de « Aïcha et l’ogre » ou « Père Inouva ». Les plus jeunes écoutent, regardent, posent des questions. Les parents aussi.
Un espace littéraire rend hommage au poète Si Mohand Ou Mhand, figure incontournable de la poésie kabyle. Le dernier espace, baptisé « Les Mains de l’Espoir », aborde des thèmes plus universels : paix, dialogue, vivre-ensemble.
Yennayer 2976 : une ouverture qui ne passe pas inaperçue
Pour beaucoup, voir Yennayer 2976 célébré dans un lieu comme la Grande Mosquée de Paris marque un tournant symbolique. L’entrée à Yennayer’Art reste incluse dans le parcours habituel de visite. Un détail pratique, presque discret. Mais l’initiative, elle, ne l’est pas. Elle ouvre une porte. Et laisse la suite s’écrire.
