Normandie : la diaspora veut des vols Air Algérie Caen – Alger

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Air Algérie Caen Alger

La diaspora normande espère voir Air Algérie desservir Caen-Carpiquet dans les mois à venir © Air Algérie - Algérie Zoom

La mobilisation citoyenne autour d’une liaison aérienne Air Algérie entre Caen-Carpiquet et Alger s’installe dans le paysage normand. Entre signatures recueillies, réunions associatives et relais institutionnels, le projet dépasse la simple question de praticité. Il traduit une volonté de rapprocher les territoires, de fluidifier les échanges et de donner à la diaspora algérienne une place visible dans la dynamique régionale.

En Normandie, la communauté algérienne – forte de plus de 100 000 résidents – réclame depuis des années une liaison aérienne directe avec l’Algérie. Aujourd’hui, cette demande se transforme en véritable projet citoyen, porté par des acteurs associatifs et soutenu par des responsables institutionnels. L’idée est simple : relier Caen-Carpiquet à Alger par des vols d’Air Algérie et d’autres acteurs, et ouvrir enfin une porte aérienne entre les deux rives.

Chaque été, chaque fête familiale, chaque déplacement professionnel rappelle la même contrainte : pour rejoindre Alger, Oran ou Constantine, les voyageurs normands doivent rallier Paris ou Nantes. Des heures de route, des correspondances fatigantes, des coûts supplémentaires. « C’est trop loin ! Et dire que nous avons un aéroport à 15 minutes », lâche un résident, exprimant un sentiment largement partagé.

Cette frustration a nourri une mobilisation. Adda Khoualed, consultant et porteur du projet, s’est entouré de Amine Gaouar, président de l’Union franco-algérienne en Normandie (UFAN), de Assia Ouarti et de plusieurs associations locales. Ensemble, ils ont lancé une campagne de soutien, avec formulaires en ligne et signatures chez des commerçants partenaires. L’objectif : démontrer la demande réelle et chiffrée.

Pourquoi Caen-Carpiquet ?

La question revient souvent : pourquoi cet aéroport plutôt qu’un autre en Normandie ? La réponse tient en plusieurs points :

  • Position centrale : Caen-Carpiquet est accessible depuis l’ensemble des départements normands.
  • Premier aéroport régional : avec environ 330 000 passagers en 2023, il devance les autres plateformes locales.
  • Infrastructures adaptées : assez développé pour accueillir des vols internationaux, mais à taille humaine.

Ce choix ne vise pas à marginaliser Rouen, Le Havre ou Dieppe. Il s’agit d’un compromis régional, pensé pour maximiser l’accessibilité et la viabilité économique.

Des soutiens institutionnels

Le projet ne se limite pas à une pétition citoyenne. Il a déjà reçu des appuis notables :

  • Hervé Morin, président du Conseil régional de Normandie, parle d’une « opportunité intéressante pour la région ».
  • Ouahid Abdelbaki, consul d’Algérie à Pontoise, accompagne la démarche avec constance et bienveillance.

Ces soutiens donnent du poids au dossier, qui doit convaincre les compagnies aériennes et les autorités compétentes. Naturellement, tous les regards pour le lancement d’une ligne entre Caen et Alger se tournent vers Air Algérie, acteur historique et légitime pour une telle liaison. Mais les initiateurs n’excluent pas d’autres partenaires.

Une dynamique collective

Au-delà des signatures, la mobilisation s’organise. Des rencontres sont prévues avec les adhérents de l’UFAN, mais aussi avec des acteurs du tourisme et du monde économique. Les associations normandes jouent un rôle clé : elles relaient l’information, recueillent les attentes, structurent la demande.

Parmi les soutiens cités :

  • Baya Mounkar-Mokhtari, maire-adjointe de Caen et directrice de l’association La Voix des Femmes.
  • Kamal Baheddi, président de l’association Espérance de Rouen.
  • Hadj Khababa, président de l’association ÂME du Havre.
  • Mohamed Tebayeli, président de l’Amicale des Algériens de Rouen.
  • Fatima Mezerai, présidente de La Maison des Sages de Dieppe.
  • Hocine Beddek, président de Solidarité Franco-Algérienne de Cherbourg.

Cette diversité montre que l’initiative ne reste pas cantonnée à une ville ou à un cercle restreint. Des associations du Havre, de Rouen, de Dieppe ou de Cherbourg se joignent à celles de Caen, et l’ensemble donne l’image d’une Normandie qui se met en mouvement. On n’est plus dans le symbole, mais dans une mobilisation réelle, visible sur le terrain.

À l’aéroport de Caen-Carpiquet, les chiffres de fréquentation en hausse renforcent cette impression : la plateforme a déjà prouvé qu’elle pouvait absorber de nouvelles lignes. Les familles y voient une solution pratique, les entrepreneurs un outil de développement, et les acteurs du tourisme une ouverture vers un marché qui reste largement sous-exploité.

Une revendication stratégique

Relier Caen à Alger, ce n’est pas seulement réduire les kilomètres de route avant d’embarquer. C’est donner à une diaspora nombreuse un accès direct à son pays d’origine, tout en créant un couloir d’échanges qui dépasse le cadre familial. Derrière cette demande, il y a des enjeux de mobilité régionale, mais aussi de cohésion sociale et de dynamisme économique. Les associations parlent de liens humains, les commerçants de nouvelles opportunités, et les élus de perspectives pour l’attractivité du territoire.

Et maintenant ?

La balle est dans le camp des transporteurs aériens. Air Algérie est la candidate naturelle pour cette ligne Caen – Alger, mais rien n’empêche d’autres opérateurs de se positionner. L’essentiel est que la Normandie obtienne enfin une liaison directe avec l’Algérie.

En attendant, la mobilisation continue. Chaque signature, chaque partage, chaque mot d’encouragement renforce le dossier. Les initiateurs remercient les citoyens, les associations et les responsables qui s’impliquent. « Ce projet est avant tout le fruit d’un élan partagé », rappellent-ils.

Enfin, la Normandie mérite sa liaison vers l’Algérie. Derrière les chiffres et les arguments techniques, il y a des familles, des histoires, des racines. Le projet Caen-Carpiquet ↔ Alger incarne cette volonté de rapprocher les territoires et de donner à la diaspora normande une solution de voyage digne de son poids démographique et culturel.

Le dossier avance, les soutiens s’accumulent. Reste à franchir l’étape décisive : convaincre une compagnie aérienne d’ouvrir la ligne. La diaspora, elle, est prête.

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